Groupe de travail ministériel fédéral/provincial/territorial sur la Stratégie nationale relative aux produits pharmaceutiques
Juin 2006
Cat. H21-275/2006 (Version PDF)
ISBN : 0-662-49443-1 (Version PDF)
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Il y a cinquante ans, les fondateurs de l'assurance-maladie ont établi le principe de l'équité d'accès aux services hospitaliers et aux médecins pour tous les Canadiens. Les premiers ministres conviennent qu'aucun Canadien et aucune Canadienne ne devrait assumer un fardeau financier exagéré pour obtenir les produits pharmaceutiques nécessaires.
Les premiers ministres demandent aux ministres de la Santé de créer un groupe de travail ministériel qui sera chargé d'élaborer et de mettre en oeuvre une stratégie nationale relative aux produits pharmaceutiques et de rendre compte des progrès réalisés d'ici le 30 juin 2006. Cette stratégie inclura les mesures qui suivent :
[Il est entendu que le Québec conservera son propre programme d'assurance médicaments.]
Extrait du Plan décennal pour consolider les soins de santé, le 16 septembre 2004
L'honorable Tony Clement
Ministre de la Santé
Santé Canada
L'honorable George Abbott
Ministre de la Santé
Colombie-Britannique
Membres
L'honorable Iris Evans
Ministre de la Santé et du Bien-être
Alberta
L'honorable Len Taylor
Ministre de la Santé
Saskatchewan
L'honorable Tim Sale
Ministre de la Santé
Manitoba
L'honorable George Smitherman
Ministre de la Santé et des Soins de longue durée
Ontario
L'honorable Brad Green
Ministre de la Santé et Procureur général
Nouveau-Brunswick
L'honorable Chris d'Entremont
Ministre de la Santé
Nouvelle-Écosse
L'honorable Chester Gillan
Ministre de la Santé et des Services sociaux
Île-du-Prince-Édouard
L'honorable Tom Osborne
Ministre de la Santé et des Services communautaires
Terre-Neuve et Labrador
L'honorable Brad Cathers
Ministre de la Santé et des Services sociaux
Territoire du Yukon
L'honorable J. Michael Miltenberger
Ministre de la Santé et des Services sociaux
Territoires du Nord-Ouest
L'honorable Leona Aglukkaq
Ministre de la Santé et des Services sociaux
Nunavut
Les produits pharmaceutiques sont une composante essentielle du système de santé canadien. Utilisés de manière appropriée, ils sauvent des vies, guérissent des maladies et améliorent la qualité de vie de millions de Canadiennes et Canadiens. De nouvelles formes de pharmacothérapies permettent à plus de patients d'être traités à la maison, près de leur famille. En écourtant et en prévenant les séjours en centre hospitalier, les produits pharmaceutiques contribuent aussi à alléger le fardeau des établissements et des services de santé.
Malgré ces avantages, les produits pharmaceutiques engendrent une multitude de défis liés à l'innocuité et à l'efficacité des médicaments, à leur accessibilité, à une pharmacothérapie optimale et à la viabilité même du système de santé. Les médicaments d'ordonnance constituent également la catégorie de dépenses en santé qui croît le plus rapidement et le deuxième poste de dépenses en santé au Canada. Comme les autres gouvernements du monde, le Canada est aux prises avec le défi d'optimiser les avantages des médicaments d'ordonnance pour les Canadiennes et Canadiens, tout en composant avec les risques et les complexités associés à ce secteur à évolution rapide.
À ce jour, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux (FPT) ont déployé chacun de leur côté des efforts considérables pour faire face aux défis et assurer la gestion des produits pharmaceutiques en vue de maximiser les résultats obtenus auprès des patients tout en contribuant à la viabilité du système de santé. Toutefois, comme les responsabilités liées à plusieurs aspects des produits pharmaceutiques au Canada sont partagées entre les administrations, ce que ces dernières peuvent faire individuellement est assorti de limites et comporte des interdépendances.
En septembre 2004, les premiers ministres, conscients de l'importance croissante des produits pharmaceutiques dans les soins de santé et de la nature interjuridictionnelle des enjeux les concernant, ont demandé aux ministres de la Santé de mettre sur pied un Groupe de travail ministériel (GTM) afin d'élaborer et de mettre en oeuvre une Stratégie nationale relative aux produits pharmaceutiques (SNPP). Tous les ministres de la Santé (à l'exception de celui du Québec)1 se sont joints à ce GTM, coprésidé par le ministre de la Santé fédéral et par le ministre de la Santé de la Colombie-Britannique.
La raison d'être de la SNPP est de se pencher sur les défis et possibilités liés au cycle de vie d'un médicament à partir d'une démarche intégrée, concertée et à volets multiples des produits pharmaceutiques à l'intérieur du système de santé.
Le présent rapport formule une série de recommandations et fournit un aperçu des progrès dans l'élaboration et la mise en oeuvre de la Stratégie à ce jour.
Les défis et possibilités auxquels le Canada fait face en ce qui concerne la gestion des produits pharmaceutiques s'articulent autour de trois grands thèmes :
Actuellement, les Canadiennes et Canadiens disposent d'un ensemble disparate de programmes d'assurance médicaments publics et privés puisque les produits pharmaceutiques qui ne leur sont pas dispensés dans un hôpital ne sont pas régis par la Loi canadienne sur la santé. En conséquence, l'accès aux produits pharmaceutiques à l'extérieur des hôpitaux est principalement déterminé par le lieu de résidence ou par le lieu de travail, et pas nécessairement par le besoin. Dans un tel environnement, certains Canadiens ne sont pas suffisamment protégés contre le coût exorbitant des médicaments.
Les administrations font aussi face à des défis au moment d'établir quels médicaments devraient être remboursés à l'aide de leur programme public d'assurance médicaments et à quelles conditions. Jusqu'à tout récemment, la coordination entre les administrations était limitée quant au fait d'établir quels médicaments sont couverts ou non. Toutefois, le Programme commun d'évaluation des médicaments (PCEM) des gouvernements FPT serait en mesure d'accroître l'uniformité des décisions portant sur l'inscription de médicaments aux listes des programmes d'assurance médicaments.
L'expérience récente du Canada avec les médicaments onéreux pour le traitement de maladies rares a aussi bien illustré le défi particulier que pose le fait de déterminer quand et à quelles conditions il est opportun de rembourser à l'aide du régime public le coût des thérapies qui ne répondent pas aux normes de preuves généralement acceptées pour leur couverture. Ce défi est spécialement prononcé dans le cas des maladies pour lesquelles il n'existe aucune thérapie alternative.
Créer des approches concertées, structurées et coordonnées pour les questions d'accessibilité aux produits pharmaceutiques au Canada exigera des gouvernements qu'ils travaillent ensemble avec les principaux intervenants, y compris les patients, les praticiens, les assureurs privés et les employeurs.
Une sélection inadéquate de médicaments, une posologie erronée, des réactions indésirables, une interaction médicamenteuse, des thérapies en double ou l'inobservance des ordonnances mettent en péril la santé des Canadiennes et Canadiens et ajoutent aux coûts du système de santé. Il est crucial que les décisions concernant les thérapies et les remboursements soient soutenus par de l'information exacte, non biaisée et actualisée sur l'efficacité d'un médicament et ses effets dans différents contextes et sur divers groupes de la population. La majorité des données probantes concernant les pharmacothérapies sont recueillies dans le cadre d'essais cliniques réalisés avant la mise en marché des produits. Il en résulte une capacité limitée de prévoir le rendement d'un médicament « dans le monde réel ». Les données recueillies en phase de prévente fournissent également bien peu d'assises pour mesurer les bienfaits et les risques associés aux nouveaux médicaments relativement aux médicaments existants et aux thérapies sans médicament.
Il est possible de relever ces défis en travaillant ensemble à améliorer et à concentrer les capacités de recherche afin que les preneurs de décisions disposent des renseignements nécessaires en vue de prendre les meilleures décisions possible en matière de traitement et de remboursement. En collaborant avec les spécialistes universitaires, les établissements de soins de santé, les professionnels de la santé et le grand public, les gouvernements pourront coordonner les activités existantes, appuyer des normes cohérentes en matière de données probantes et encourager les traitements, l'utilisation et la délivrance d'ordonnances fondés sur ces données probantes.
Exception faite des soins hospitaliers, ce sont les médicaments pour lequel le Canada dépense le plus dans le système de santé. Depuis l'an 2000, le total des dépenses publiques et privées pour des médicaments d'ordonnance a progressé d'environ 12 p. cent par année. Cette ascension rapide des coûts des médicaments menace la viabilité même des programmes d'assurance médicaments publics.
Pour que les Canadiennes et Canadiens continuent de bénéficier d'une solide couverture publique de leurs médicaments, les fonds publics doivent être utilisés efficacement. En collaborant sur la question des prix des médicaments et de leur achat, les divers programmes publics d'assurance médicaments canadiens peuvent favoriser une plus grande concurrence, accroître la transparence et réduire la fragmentation du marché afin de garantir aux Canadiennes et Canadiens les meilleurs prix possible pour leurs produits pharmaceutiques.
Les neuf éléments de la SNPP
Dans le contexte d'un accès équitable à des médicaments sûrs, efficaces, prescrits et utilisés adéquatement, et pour la viabilité du système de santé, les premiers ministres ont élaboré en 2004 neuf éléments pour la SNPP, dans Un plan décennal pour consolider les soins de santé. Tout en reconnaissant qu'une amélioration substantielle et à long terme dans la gestion des produits pharmaceutiques est conditionnelle à l'avancement de tous les éléments de la SNPP, en vue de favoriser des résultats concrets et en temps opportun pour les Canadiennes et Canadiens, le GTM a déterminé cinq grands secteurs sur lesquels devraient se porter les efforts à court et à moyen terme :
Le GTM travaille à la création et à la mise en oeuvre de solutions pratiques dans chacun de ces secteurs selon des méthodes qui reconnaissent l'interaction des forces, tiennent compte des points de vue des divers intervenants et considèrent l'ensemble des enjeux de façon complète et intégrée.
On trouvera ci-dessous un aperçu des progrès résumant les grandes réalisations dans chacune des cinq priorités de la SNPP, de même que des recommandations et des mesures projetées pour aller de l'avant.
Recommandations
Le Groupe de travail ministériel recommande :
Couverture des médicaments onéreux
La couverture des médicaments onéreux (CMO) a pour objectif de s'attaquer aux difficultés financières indues auxquelles doivent faire face les Canadiennes et Canadiens pour avoir accès aux médicaments dont ils ont besoin, peu importe où ils vivent ou travaillent. Une étude réalisée en 2002 estimait que 2 p. cent des Canadiennes et Canadiens ne bénéficiaient d'aucune assurance médicaments publique ou privée2, même lorsqu'ils devaient débourser des sommes exorbitantes pour leurs médicaments. De même, des études réalisées antérieurement démontraient que jusqu'à 20 p. cent des Canadiennes et Canadiens étaient « sous-assurés 3. »
À cette première étape de la SNPP, le travail mené pour la CMO a été orienté vers la définition de ce qui est « onéreux » et vers l'établissement du degré général de couverture nécessaire - une sorte de filet de sûreté - pour protéger les familles canadiennes des difficultés financières. Les principes suivants ont été formulés et approuvés à titre de guide pour l'élaboration et l'évaluation des options de couverture des médicaments onéreux :
En élaborant les options pour la CMO, le GTM a d'abord réfléchi à la meilleure façon de protéger les familles canadiennes contre les coûts exorbitants de certains médicaments, c'est-à-dire des coûts élevés comparativement au revenu familial. On pourrait assurer cette protection soit en couvrant en fonction d'un seuil de protection à pourcentage variable du revenu (c.-à-d. un seuil plus bas pour les revenus plus bas, et qui est haussé au fur et à mesure que le revenu augmente), ou à l'aide d'un seuil de protection à pourcentage fixe (c.-à-d. un même pourcentage pour toutes les familles, quel que soit leur revenu). À l'avenir, le GTM se concentrera sur la possibilité d'un pourcentage variable, car il protégera mieux les familles à faible revenu.
Médicaments onéreux pour maladies rares
Les médicaments onéreux pour maladies rares ne profitent souvent qu'à un nombre restreint de patients et peuvent s'avérer très coûteux. De plus, étant donné les progrès de la technologie, le nombre de traitements disponibles et le nombre de patients soignables continueront de croître.
Recommandation
Le Groupe de travail ministériel recommande :
Le Canada n'est pas le seul à devoir faire face à la question des médicaments onéreux pour maladies rares. Plusieurs autres pays sont aussi aux prises avec les défis que posent ces médicaments à l'intérieur des systèmes de santé publics. En explorant cette avenue, le GTM a entrepris une recherche et des consultations en vue de voir comment se définissent les médicaments onéreux pour maladies rares, comment ils sont évalués et financés, comment sont fixés les prix et comment ils sont réglementés à l'échelle internationale. Les pratiques internationales et l'expérience récente du Canada soulignent l'importance, pour les administrations canadiennes, d'adopter une démarche structurée et coordonnée en matière de maladies rares.
Liste nationale commune de médicaments
Malgré les efforts des gouvernements FPT pour assurer un accès approprié aux médicaments hors du cadre des hôpitaux, des iniquités persistent au sein de la population canadienne.
Recommandations
Le Groupe de travail ministériel recommande :
Une démarche nationale de gestion des listes de médicaments pourrait aider à la promotion d'une utilisation optimale des médicaments, réduire les iniquités dans les divers régimes FPT, parvenir à plus d'efficacité administrative et soutenir une prise de décision cohérente et fondée sur des données probantes.
Les avantages d'une démarche nationale concertée ont été déjà démontrés par le Programme commun d'évaluation des médicaments (PCEM)4. Le travail de la SNPP à ce jour a permis d'explorer la faisabilité et les avantages d'élargir le PCEM à tous les médicaments, en mettant l'accent sur les médicaments existants avec de nouvelles indications, et sur les médicaments d'oncologie. Une analyse comparative des listes de médicaments a aussi été réalisée en vue de guider l'élaboration d'une liste commune de médicaments remboursables pour toutes les administrations.
Stratégies d'achat et de fixation des prix des médicaments
Le marché canadien des produits pharmaceutiques est complexe, comporte de multiples payeurs, de même que des mesures incitatives, des priorités et des intérêts en compétition. À ce jour, il n'y a eu que très peu de coordination entre les divers programmes d'assurance médicaments FPT en ce qui a trait à la fixation des prix ou à l'achat des médicaments. Ce manque de collaboration signifie que les programmes publics sous-utilisent peut-être un pouvoir d'achat considérable, permettant à l'industrie d'exiger des prix plus élevés. Le travail en matière d'achat et de fixation des prix vise à s'attaquer à ce problème et à contribuer à la viabilité des régimes publics d'assurance médicaments (1) en atteignant la parité internationale des prix pour les médicaments non brevetés; (2) en élaborant des stratégies de fixation des prix et d'achat afin d'obtenir les meilleurs prix pour les médicaments d'ordonnance et les vaccins au Canada; et (3) en accélérant l'accès à des médicaments abordables pour les Canadiennes et Canadiens.
Recommandations
Le Groupe de travail ministériel recommande :
À ce jour, les activités se sont concentrées sur l'atteinte de prix plus concurrentiels pour les médicaments non brevetés (de sources unique et multiple) au Canada en élaborant et en analysant les options stratégiques en vue de créer une structure nationale complète d'achat et de fixation des prix. Les universitaires et l'industrie du médicament générique travaillent à l'élaboration d'options visant à en arriver à des prix plus concurrentiels et à s'attaquer aux questions de pratiques commerciales dans la chaîne d'approvisionnement des médicaments non brevetés. Désormais, le Conseil d'examen du prix des médicaments brevetés (CEPMB) surveille et rédige des rapports sur les prix internationaux des médicaments d'ordonnance non brevetés; le premier de ses rapports de surveillance a été déposé le 4 juillet 2006. Selon les données utilisées dans ce rapport, le CEPMB estime que, si les prix canadiens n'avaient pas dépassé les prix médians internationaux, les dépenses du Canada pour des médicaments d'ordonnance non brevetés5 en 2005 auraient pu être réduites de 1,47 milliards de dollars6.
Recommandation
Le Groupe de travail ministériel recommande :
Les médicaments approuvés par Santé Canada doivent subir une série de tests cliniques rigoureux avant d'être mis en vente. Toutefois, les résutats fondés uniquement sur des essais cliniques contrôlés réalisés auprès de groupes de patients rigoureusement choisis ne sont pas suffisants pour prédire l'innocuité et l'efficacité d'un médicament dans le monde réel. Cette lacune dans l'information fait obstacle à une prise de décision efficace, fondée sur les données probantes, pour toutes les personnes concernées par la réglementation, la prescription, l'utilisation et le remboursement des médicaments. Le travail réalisé dans le domaine de l'innocuité et l'efficacité des médicaments dans le monde réel vise à mettre en place un système plus solide pour la collecte, l'interprétation et l'application de renseignements relatifs à l'innocuité et à l'efficacité des médicaments au Canada.
À ce jour, le travail réalisé pour renforcer l'évaluation de l'innocuité et de l'efficacité des médicaments a permis l'élaboration de quatre stratégies interdépendantes : créer un organisme national de supervision pour soutenir la collaboration et la définition de priorités; mettre en place un réseau de recherche pour renforcer les capacités existantes; capitaliser sur une participation du personnel « de première ligne » et sur de nouvelles possibilités; établir des normes claires et la transparence des preuves cliniques. Les stratégies résultent en grande partie d'une rencontre de deux jours réunissant de multiples intervenants, organisée afin de recueillir des commentaires et de relever les points de consensus. Cette rencontre a ouvert la porte à de nombreuses possibilités et a permis de constater que l'on approuvait largement l'établissement de mécanismes et des capacités nécessaires à optimiser l'innocuité et l'efficacité des médicaments dans le monde réel 7.
Même si, à ce jour, les efforts se sont concentrés sur les cinq éléments prioritaires de la SNPP, le travail s'est poursuivi à l'extérieur du processus de la Stratégie dans bon nombre d'autres secteurs, y compris les prescriptions électroniques et la prescription appropriée des médicaments.
La présentation de ce rapport aux premiers ministres marque le début d'une nouvelle étape pour la SNPP. La prochaine phase inclura un travail continu dans les cinq secteurs prioritaires, comme suit :
La prochaine phase de la SNPP ouvrira également la porte à des possibilités futures de participation plus importantes pour les intervenants. Une consultation adéquate et bien ciblée avec les intervenants sera essentielle pour la poursuite du développement de la SNPP et la réussite de sa mise en oeuvre.
Les produits pharmaceutiques sont une composante essentielle du système de santé canadien. Utilisés de manière appropriée, ils sauvent des vies, guérissent des maladies et améliorent la qualité de vie de millions de Canadiennes et Canadiens. De nouvelles formes de pharmacothérapies permettent à plus de patients d'être traités à la maison, plus près de leur famille. En écourtant et en prévenant les séjours en centre hospitalier, les produits pharmaceutiques contribuent aussi à alléger le fardeau des établissements et des services de santé.
Malgré ces avantages, les produits pharmaceutiques engendrent une multitude de défis liés à l'innocuité et à l'efficacité des médicaments, à leur accessibilité, à une pharmacothérapie optimale et à la viabilité même du système de santé. Les médicaments d'ordonnance constituent en particulier la catégorie de dépenses en santé qui croît le plus vite et le deuxième poste de dépenses en santé au Canada. Comme d'autres gouvernements du monde, le Canada est aux prises avec le défi d'optimiser les avantages des médicaments d'ordonnance pour les Canadiennes et Canadiens, tout en composant avec les risques et les complexités associés à ce secteur à évolution rapide.
À ce jour, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux (FPT) ont déployé (chacun de leur côté ou parfois collectivement) des efforts considérables pour faire face aux défis ci-dessus et assurer la gestion des produits pharmaceutiques en vue de maximiser les résultats obtenus auprès des patients tout en contribuant à la viabilité du système de santé. Toutefois, comme les responsabilités liées à plusieurs aspects des produits pharmaceutiques au Canada sont partagées entre les administrations, ce que ces dernières peuvent faire individuellement est assorti de limites et comporte des interdépendances.
En septembre 2004, les premiers ministres, conscients de l'importance croissante des produits pharmaceutiques dans les soins de santé et de la nature interjuridictionnelle des enjeux les concernant, ont demandé aux ministres de la Santé de mettre sur pied un Groupe de travail ministériel (GTM) afin d'élaborer et de mettre en oeuvre la Stratégie nationale relative aux produits pharmaceutiques (SNPP). Les ministres de la Santé (à l'exception de celui du Québec)8 se sont joints à ce GTM, coprésidé par le ministre de la Santé fédéral et par le ministre de la Santé de la Colombie-Britannique.
La raison d'être de ce GTM est de se pencher sur les défis et possibilités liés au cycle de vie d'un médicament à partir d'une démarche intégrée, concertée et à volets multiples des produits pharmaceutiques à l'intérieur du système de santé.
Même s'il est reconnu que des améliorations véritables et à long terme dans la gestion des produits pharmaceutiques sont conditionnelles à l'avancement de tous les éléments de la SNPP, le GTM a établi les cinq grands secteurs suivants sur lesquels il faut concentrer les efforts à court et à moyen terme :
En choisissant ces secteurs, le GTM a tenté de concilier les besoins immédiats et à long terme, tout en favorisant l'atteinte de résultats pratiques, concrets et en temps opportun pour les Canadiennes et Canadiens.
Ce rapport fournit un aperçu des progrès à ce jour et livre les recommandations du GTM pour le développement et la mise en oeuvre de la stratégie sur plusieurs années. Il mise sur les progrès de la SNPP dont ont discutés les ministres de la Santé FPT en octobre 2005, réunion au cours de laquelle ils ont également réaffirmé leur engagement envers la Stratégie et ont convenu de mettre en oeuvre un certain nombre de mesures (décrites à la partie III du présent rapport).
La Partie I présente un survol de l'environnement pharmaceutique actuel au Canada et de certains des défis et possibilités qui en découlent.
La Partie II résume les grandes lignes de la raison d'être et des objectifs de la SNPP et la démarche du GTM concernant cette stratégie.
La Partie III fait état des progrès à ce jour et formule des recommandations pour les prochaines étapes des cinq secteurs prioritaires identifiés.
La Partie IV commente le travail actuel effectué sur les autres éléments de la SNPP.
Enfin la Partie V aborde brièvement la prochaine phase du travail sur la SNPP.
Au Canada, les gouvernements FPT se partagent la responsabilité de la gestion des médicaments d'ordonnance.
À l'échelon fédéral, Santé Canada réglemente les essais cliniques et autorise l'entrée sur le marché des produits en se basant sur des évaluations de l'innocuité, de l'efficacité et de la qualité des produits, surveille l'innocuité et l'efficacité des médicaments une fois sur le marché et contrôle les prix des médicaments brevetés par l'intermédiaire du Conseil d'examen du prix des médicaments brevetés (CEPMB). Le gouvernement fédéral offre et facilite la couverture des médicaments pour les populations dont il est responsable
(c.-à-d. les Premières Nations, les vétérans, les membres des Forces armées, les détenus fédéraux) et il soutient aussi considérablement la recherche en santé.
Les provinces et les territoires (PT) offrent chacun un programme d'assurance médicaments qui leur est propre et qui s'adresse à tous leurs résidents ou à certains groupes précis de leur population tels que les aînés, les bénéficiaires de l'aide sociale ou les personnes souffrant de certaines maladies ou qui sont aux prises avec des problèmes de santé précis. Les PT établissent eux-mêmes quels médicaments seront remboursés en vertu de leur régime public. Ils interagissent également avec les manufacturiers et établissent de larges structures réglementaires pour les professionnels de la santé.
Alors que certains rôles concernant les produits pharmaceutiques sont uniques à chaque palier de gouvernement, les responsabilités touchant certaines questions sont partagées entre les administrations FPT. Le Programme commun d'évaluation des médicaments (PCEM) est un exemple de processus où les administrations FPT collaborent pour l'examen des médicaments en vue de leur remboursement. Le besoin d'aligner les activités FPT et les processus est particulièrement important dans le secteur pharmaceutique car les exigences en matière de données probantes et les processus décisionnels liés à l'entrée de ces produits sur le marché, leur remboursement et la fixation des prix sont étroitement interreliés.
Figure 1 : Cycle de vie des produits pharmaceutiques (voir la liste des abréviations)

Les médicaments constituent une part vitale du système de santé au Canada. Un usage approprié de médicaments sûrs et efficaces peut prévenir, traiter et guérir les maladies, améliorer la qualité de vie, prolonger et même sauver des vies. Les produits pharmaceutiques ont réduit radicalement les taux de mortalité liés au SIDA, à la leucémie, à la maladie de Hodgkin et aux maladies cardiaques, notamment. Ils ont aussi grandement transformé le traitement de l'asthme, des ulcères d'estomac et du cancer.
En raison des avancées technologiques et de l'émergence de nouvelles formes de pharmacothérapies comme les technologies de perfusion à domicile, les Canadiennes et Canadiens sont de plus en plus traités chez eux, plus près de leur famille. De plus, en écourtant et en évitant les séjours en centre hospitalier, les produits pharmaceutiques contribuent à alléger le fardeau des établissements de santé et par le fait même à assurer la viabilité du système de santé.
En plus de ces avantages, des défis sont aussi associés à l'utilisation de produits pharmaceutiques. Les administrations canadiennes et les gouvernements du monde se démènent pour aborder les problèmes qui touchent tout le système de santé, tels que son accès équitable, sa viabilité, l'innocuité et l'efficacité des médicaments, tout en s'assurant que les patients bénéficient de pharmacothérapies optimales.
Les neuf éléments de la SNPP peuvent être regroupés sous trois grands thèmes :
Accès
Innocuité, efficacité et usage approprié
Viabilité du système de santé
Les défis et possibilités associés à chacun de ces thèmes sont décrits dans la section qui suit.
Défis
Actuellement, les Canadiennes et Canadiens disposent de tout un éventail de programmes d'assurance médicaments publics et privés, puisque les produits pharmaceutiques qui ne leur sont pas dispensés dans un hôpital ne sont pas régis par la Loi canadienne sur la santé. Par conséquent, l'accès aux produits pharmaceutiques à l'extérieur des hôpitaux est principalement déterminé par le lieu de résidence ou par le lieu de travail, et non pas par le besoin. Dans un tel environnement, certains Canadiens - particulièrement ceux au Canada atlantique - ne sont pas suffisamment protégés contre le coût exorbitant pouvant être associés aux médicaments.
Les administrations font aussi face à des défis au moment d'établir quels médicaments devraient être remboursés à l'aide de leur programme public d'assurance médicaments et à quelles conditions. Jusqu'à tout récemment, la coordination entre les administrations était limitée au moment d'établir quels médicaments sont couverts. Toutefois, le Programme commun d'évaluation des médicaments (PCEM) des gouvernements FPT serait en mesure d'accroître l'uniformité des décisions portant sur l'inscription des produits à la liste de médicaments des programmes d'assurance médicaments.
L'expérience récente du Canada avec les médicaments onéreux pour le traitement de maladies rares a aussi bien illustré le défi particulier que pose le fait de déterminer quand et à quelles conditions il est opportun de rembourser à l'aide du régime public des thérapies qui ne répondent pas aux normes habituelles visant à justifier une couverture, mais pour lesquelles il n'existe aucune thérapie de rechange.
Possibilités
Défis
Les gouvernements, les médecins, les pharmaciens et les patients sont des décideurs importants pour la gestion et l'usage approprié de médicaments sûrs et efficaces. Une sélection inadéquate de médicaments, une posologie erronée, des réactions indésirables, une interaction médicamenteuse, des thérapies en double et l'inobservance des ordonnances par les patients10 mettent en péril la santé des Canadiennes et Canadiens et ajoutent aux coûts du système de santé. Il est crucial que les décisions concernant les thérapies et les remboursements soient soutenues par de l'information exacte, non biaisée et actualisée sur l'efficacité d'un médicament et ses effets dans différents contextes et sur divers groupes de la population. Avec l'apparition continue de nouveaux produits prometteurs, disposer de renseignements opportuns sera essentiel pour tirer pleinement parti des progrès en pharmaceutique.
Même si l'on reconnaît et que l'on fait encore plus confiance aux données probantes dans les décisions touchant les traitements et les remboursements, la majorité des données probantes sont recueillies au cours d'essais cliniques réalisés dans des environnements contrôlés, avant que les médicaments arrivent sur le marché. Au Canada, les exigences pour l'approbation de nouveaux médicaments sont très rigoureuses. Néanmoins, les données en phase de prévente ne peuvent refléter le comportement de ces nouveaux produits « dans le monde réel ». Elles fournissent aussi bien peu d'assises pour mesurer les avantages relatifs des nouveaux médicaments par rapport à ceux déjà existants ou à une thérapie sans médicament.
Possibilités
Défis
Les médicaments d'ordonnance constituent le poste budgétaire qui croît le plus vite dans le secteur de la santé. Le Canada dépense plus pour des médicaments que pour toute autre composante du système de santé, après les hôpitaux, et le coût des médicaments croît plus vite que n'importe quelle autre de ces composantes (figures 2 et 3). Selon l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS), le total des dépenses publiques et privées pour des médicaments d'ordonnance s'est accru d'environ 12 p. cent par année depuis l'an 2000 et, à l'échelle nationale, les coûts de ces médicaments ont atteints 20,6 milliards de dollars en 200511. Cette ascension rapide du coût des médicaments menace la viabilité même du système de santé et pose aussi des défis pour les dépenses gouvernementales dans des secteurs autres que la santé.
La croissance des dépenses pour des médicaments n'est pas principalement attribuable à la hausse des prix des médicaments pour les produits existants. Cette hausse est plutôt attribuable à l'intégration rapide sur le marché de nouveaux produits plus coûteux et au fait que les Canadiennes et Canadiens utilisent plus de médicaments qu'auparavant12.
Figure 2 : Tendances des dépenses de santé anuelles, 1990-2005

Figure 3 : Dépenses consacrées aux médicaments par rapport aux dépenses de santé totales, 1985-2005

Le rôle du CEPMB est de veiller à ce que les prix des médicaments brevetés ne soient pas excessifs - et qu'ils soient comparables ou inférieurs - à ceux d'autres pays. Même s'il n'a aucun pouvoir sur les médicaments non brevetés, le CEPMB assure aussi une surveillance et fait rapport sur les prix interna-tionaux des médicaments non brevetés. Le premier de ces rapports de surveillance a été déposé le 4 juillet 2006. Il réitère les constatations des études précédentes voulant que les prix au Canada des médicaments non brevetés sont généralement plus élevés que dans des pays comparables (consultez le site
Conseil d'examen du prix des médicaments brevetés pour le rapport complet). Comme on peut le voir à la figure 4, les prix au Canada pour les produits génériques sont supérieurs à ceux des 11 pays, y compris les États-Unis. La figure 5 montre que les prix au Canada pour les médicaments de marque non brevetés sont supérieurs à ceux de 9 des 11 pays utilisés aux fins de comparaison.
Figure 4 : Ratio moyen des prix étrangers comparés aux prix canadiens, pour les médicaments génériques, à partir de comparateurs bilatéraux, 2005

Figure 5 : Ratio moyen des prix étrangers comparés aux prix canadiens, pour les médicaments de marque non brevetés, à partir de comparateurs bilatéraux, 2005

Les programmes d'assurance médicaments privés ou financés par les employeurs doivent eux aussi faire face à ces hausses de coûts, qui accroissent la pression pour les contenir, souvent aux dépens des personnes ou des programmes publics.
La nécessité d'équilibrer les priorités fiscales et les priorités en matière de santé est commune à toutes les administrations et les gouvernements réagissent d'une multitude de façons. Une démarche propre au Canada tirera avantage des leçons apprises à l'échelle internationale13. Ces solutions peuvent miser sur les récents efforts individuels des PT pour s'attaquer aux questions d'achat et de fixation des prix (projet de loi 130 14 de décembre 2005 au Québec; projet de loi 102 15 de juin 2006 en Ontario). Elles peuvent aussi être considérablement améliorées à l'aide d'une démarche mieux coordonnée des gouvernements FPT, qui miserait sur le pouvoir d'achat collectif et sur leur position sur le marché.
Possibilités
À l'aide de la SNPP, les administrations travaillent à l'élaboration et à la mise en oeuvre de politiques, de programmes et d'initiatives visant à soutenir un accès équitable et abordable à des médicaments sûrs, efficaces et correctement utilisés pour tous les Canadiennes et Canadiens. Par ces efforts, on s'attend à ce que la SNPP génère de réels avantages pour les Canadiennes et Canadiens en matière de résultats pour leur santé, d'accès, de protection pour les médicaments d'ordonnance et de soins de santé publics viables et abordables. Parmi les résultats espérés de cette stratégie, mentionnons :
De meilleurs faits probants pour aider les gouvernements, les professionnels de la santé et les patients à prendre les bonnes décisions;
Des pharmacothérapies plus sûres et plus efficaces pour les Canadiennes et Canadiens, grâce à l'amélioration des faits probants;
Une couverture d'assurance médicaments plus cohérente et plus équitable pour les Canadiennes et Canadiens fondée sur les besoins et non sur la capacité de payer;
Plus de valeur pour les patients et pour un système de soins de santé plus viable, grâce à des investissements sensés en gestion et couverture des produits pharmaceutiques, à une meilleure prise de décision et à une collaboration accrue en vertu de la SNPP;
Des décisions concernant les médicaments qui soient plus ouvertes et plus transparentes à toutes les étapes du cycle de vie du médicament;
Une structure ouverte et transparente pour une affectation plus éthique des ressources qui assurera l'équilibre des résultats pour la santé des personnes et de la population; et
Au bout du compte, de meilleurs résultats pour la santé des Canadiennes et Canadiens.
Les préoccupations de tous les partenaires dans la prestation de soins de santé s'éloignent du « paiement des médicaments d'ordonnance » pour se concentrer davantage sur « l'investissement dans les résultats pour la santé ». Les gouvernements, l'industrie, les professionnels de la santé et les universitaires doivent continuer d'élaborer et d'étendre leurs premiers efforts à cette fin afin qu'à l'avenir, la génération de données scientifiques probantes et leur application puissent faire en sorte que les ressources soient orientées vers les meilleurs traitements possibles pour les Canadiennes et Canadiens. La démarche entreprise en vertu de la SNPP a été conçue pour atteindre ces objectifs.
La démarche de la SNPP
Les neuf éléments de la SNPP
Dans le contexte d'un accès équitable à des médicaments sûrs, efficaces, prescrits et utilisés adéquatement, et pour la viabilité du système de santé, les premiers ministres ont élaboré en 2004 neuf éléments pour la SNPP, dans Un plan décennal pour consolider les soins de santé. Tout en reconnaissant qu'une amélioration substantielle et à long terme dans la gestion des produits pharmaceutiques est conditionnelle à l'avancement de tous les éléments de la SNPP, en vue de favoriser des résultats concrets et en temps opportun pour les Canadiennes et Canadiens, le GTM a déterminé cinq grands secteurs sur lesquels devraient porter les efforts à court et à moyen terme :
Le GTM travaille à la création et à la mise en oeuvre de solutions pratiques dans chacun de ces secteurs selon des méthodes qui reconnaissent l'interaction des forces, tiennent compte des points de vue des divers intervenants et considèrent l'ensemble des enjeux de façon complète et intégrée.
On trouvera ci-dessous un aperçu des progrès résumant les grandes réalisations dans chacune des cinq priorités de la SNPP, de même que des recommandations et des mesures projetées pour aller de l'avant.
Le secteur pharmaceutique est caractérisé par la présence d'une combinaison complexe de participants : administrations gouvernementales multiples, établissements et agences publics de soins de santé, professionnels de la santé, assureurs privés, employeurs, industries pharmaceutiques des produits génériques et des produits de marque, patients et groupes de pression. Atteindre les objectifs visés par la SNPP exige une démarche concertée sensible à l'interaction de toutes ces forces, incorporant les perspectives des divers intervenants et s'attaquant aux problèmes de manière exhaustive et intégrée.
En vertu de la SNPP, les partenaires FPT considèrent la gestion des produits pharmaceutiques comme une composante intégrante du système de santé et, à ce titre, ils travaillent à la promotion d'une intégration plus uniforme des produits pharmaceutiques dans ce même système. Les gouvernements reconnaissent la nature interdépendante et partagée de plusieurs de leurs responsabilités en matière de médicaments et sont conscients que toutes les administrations ont un rôle à jouer dans ce secteur. Toutes les administrations s'emploient à relever les défis posés par la gestion des produits pharmaceutiques, à travailler pour une meilleure intégration des produits pharmaceutiques à d'autres aspects des soins de santé et à faciliter l'évolution nécessaire au sein même du système pour la viabilité des soins de santé à long terme.
Les intervenants ont déjà fait part de leurs points de vue dans un certain nombre d'études importantes et de consultations au cours des dernières années16. Même s'ils perçoivent et comprennent différemment les questions touchant les produits pharmaceutiques, la grande majorité d'entre eux s'entendent sur la nécessité de s'attaquer aux problèmes ensemble. On constate également un haut degré d'accord sur le fait qu'un accès abordable à une pharmacothérapie sécuritaire, efficace et utilisée adéquatement constitue un important facteur pour favoriser une bonne santé. Le GTM reconnaît le rôle qu'ont à jouer les intervenants dans l'élaboration et la mise en oeuvre de la SNPP - particulièrement au moment de la progression du travail pour cette stratégie.
À ce jour, les représentants de la SNPP ont organisé une série de séances d'information et de consultations, notamment :
Dans la première étape de la SNPP, alors que les gouvernements travaillaient à établir une compréhension commune des enjeux sous-jacents et des objectifs, les possibilités de participation des intervenants ont été limitées. Pour aller de l'avant, une consultation adéquate et bien ciblée des intervenants sera importante afin d'assurer la réussite de l'élaboration et de la mise en oeuvre de la Stratégie. Des possibilités de participation plus importantes et plus approfondies seront envisageables pour les intervenants au cours de la prochaine phase du travail. Les détails préliminaires concernant les diverses formes et degrés de participation espérés sont décrits plus loin, mais ne se limitent pas à ceux mentionnés, qui font partie de la description détaillée des progrès réalisés dans les cinq secteurs prioritaires de la partie III (ci-dessous).
On trouvera ci-dessous un aperçu des progrès comprenant des résumés des grandes réalisations dans chacun des cinq secteurs prioritaires, de même que des recommandations et des mesures prévues pour aller de l'avant. Même si les progrès à ce jour sont décrits séparément pour chacune des priorités, la démarche concertée et intégrée adoptée pour la mise en oeuvre de la Stratégie assure un résultat final plus imposant que la somme de toutes ses parties.
Les progrès décrits misent sur le travail passé du GTM sur les produits pharmaceutiques et sur les progrès de la SNPP dont ont discutés les ministres de la Santé FPT lors de leur rencontre d'octobre 2005. Au cours de cette rencontre, les ministres de la Santé se sont en effet entendus sur un certain nombre de mesures pour les cinq secteurs prioritaires de la SNPP (figure 6).
Figure 6 : Extrait du communiqué des ministres de la Santé (octobre 2005)
Objectif
Élaborer, évaluer et estimer les coûts d'options de couverture des médicaments onéreux (CMO) qui pourraient s'attaquer aux difficultés financières indues auxquelles doivent faire face les Canadiennes et Canadiens pour avoir accès aux médicaments dont ils ont besoin, peu importe où ils vivent ou travaillent.
Contexte et raison d'être
Le système de santé public du Canada garantit aux Canadiennes et Canadiens un accès universel aux services médicaux et aux soins hospitaliers médicalement nécessaires, sans égard à leur capacité de payer. Même si plusieurs employeurs offrent une assurance médicaments et que toutes les provinces offrent un certain degré de couverture d'assurance médicaments à au moins une portion de leur population, le degré de protection offert aux Canadiennes et Canadiens varie selon le lieu où ils vivent et l'endroit où ils travaillent. Certains Canadiens ne bénéficient d'aucune couverture pour les médicaments onéreux. Une étude réalisée en 2002 estimait que 2 p. cent des Canadiens (concentrés dans les provinces atlantiques) ne bénéficiaient d'aucune assurance médicaments publique ou privée17, même lorsque la proportion de leurs dépenses pour des médicaments était exorbitante. De même, des études réalisées antérieurement semblaient indiquer que jusqu'à 20 p. cent des Canadiens étaient « sous-assurés »18. Le manque d'accès à la CMO peut générer des effets néfastes pour la santé et des répercussions économiques graves.
Progrès et réalisations
Dans le cadre de cette première étape de la SNPP, le travail pour la CMO visait d'abord à établir et à adhérer aux principes suivants, qui guident l'élaboration et l'évaluation des diverses options pour la couverture des médicaments onéreux :
Le travail pour la CMO s'est concentré sur l'élaboration, l'estimation des coûts et l'évaluation de la couverture des coûts exorbitants des médicaments :
Le travail d'estimation des coûts a d'abord été d'examiner un large éventail de possibilités de seuils comportant de multiples variantes (tels un pourcentage fixe ou variable des revenus ou des sommes forfaitaires variables, par exemple). Des discussions subséquentes et des comparaisons avec les principes établis ont permis de ramener ces possibilités à deux options (figure 7) fondamentales pour déterminer quand une famille canadienne pourrait être admissible à la CMO :
Option 1 - Pourcentage variable
Il s'agit d'un seuil de protection basé sur le coût des médicaments excédant un certain pourcentage du revenu familial; plus le revenu des familles est élevé, plus ce seuil est élevé.
Option 2 - Pourcentage fixe
Un seuil de protection basé sur le coût des médicaments excédant un pourcentage fixe du revenu familial.
Payeurs
Toutes les administrations possèdent un programme d'assurance médicaments, lequel couvre au moins une portion de leur population. Dans le cas où une couverture est offerte, elle protège les familles contre une partie ou l'ensemble des coûts onéreux. Les coûts situés au-dessus des seuils de ces programmes, qui sont supportés par les familles, en plus de ceux assumés par les régimes publics d'assurance médicaments au nom des familles, ont été inclus dans les estimations totales des coûts pour la couverture des médicaments onéreux.
L'assurance médicaments privée paie elle aussi certains des coûts des médicaments onéreux au nom des familles canadiennes. Toutefois, ce sont les employeurs qui, le plus souvent, assument les coûts d'une telle assurance. Pour démontrer l'impact du maintien d'une couverture d'assurance médicaments privée, l'estimation des coûts a été fournie à la fois avec et sans le maintien d'une assurance privée pour assumer les coûts de ces médicaments onéreux.
Considérations
Figure 8 : Comparaison des estimations de coûts des options CMO : deux options et quatre variations

Une comparaison de ces diverses options permet de constater que :
Recommandations
Le Groupe de travail ministériel recommande :
Prochaines étapes
En vue de faciliter la prise de décision, on poursuivra le travail sur les analyses de coûts et de politiques portant sur les deux options recommandées.
Conception du régime
La formule quant au seuil d'admissibilité devra être affinée, afin que ce seuil puisse le mieux possible protéger les Canadiennes et Canadiens des
« difficultés financières indues », tout en s'accordant aux principes stratégiques déjà énoncés. Ce travail comprendra des analyses supplémentaires de l'incidence des différents moyens de mesurer le
« revenu », y compris les ajustements possibles (p. ex., concernant la taille des familles).
Considérations de mise en oeuvre
Le travail sur le financement et les autres aspects de la mise en oeuvre n'a pas encore eu lieu, mais le tout pourrait débuter au cours de la prochaine phase de travail sur la SNPP. La coordination avec les régimes d'assurance médicaments publics et le rôle des assurances privées prendront alors une importance particulière.
Considérations touchant la viabilité
Plusieurs questions ont été soulevées en vue d'une analyse plus poussée (p. ex., effet de levier de l'inflation, vieillissement de la population, demande accumulée, changements dans les comportements d'utilisation, comportements de prescription et gestion des listes), mais l'on reconnaît que ces facteurs peuvent être atténués par la conception même du régime, alors que d'autres sont des questions sociétales à portée plus large. De plus, il est reconnu que ces facteurs n'ont pas tous la même portée, que ce soit en raison du moment où ils surviendront ou de l'étendue des répercussions qu'ils auront sur la CMO.
Évaluation des coûts
Le travail devra se poursuivre en vue d'affiner l'évaluation des coûts des options et variantes de la CMO, particulièrement en ce qui a trait à la ventilation des coûts (sommes à défrayer, payeur public et payeur privé). Ce travail pourrait inclure une révision de la méthodologie utilisée pour procéder à l'actuelle estimation des coûts, et pourrait aussi vérifier si des données plus étoffées sont disponibles pour que l'étude des coûts soit moins tributaire de faits hypothétiques.
Collaboration des intervenants
Les intervenants collaboreront au travail d'analyse plus poussée de la politique. Il sera nécessaire de tenir compte des objectifs des divers intervenants et de s'assurer que les impacts et les réactions potentielles des intervenants sont bien cernés et pris en compte lors de travaux futurs.
Objectif
Créer et mettre en oeuvre des processus et des normes nationales en vue de s'assurer que les Canadiennes et Canadiens souffrant de maladies rares graves et évolutives et qui mettent leur vie en danger puissent avoir accès à des traitements abordables et appropriés.
Contexte et raison d'être
Les médicaments onéreux pour maladies rares posent un ensemble de défis complexes pour le système de santé public. Plusieurs administrations internationales se sont individuellement attaquées à ces défis. Le coût de ces médicaments peut être prohibitif et ils ne profitent souvent qu'à un nombre restreint de patients. Historiquement, le nombre de maladies rares pouvant être traitées a toujours été relativement peu élevé. Or, avec les avancées technologiques et scientifiques d'aujourd'hui, le nombre de traitements et de patients pouvant être traités est en hausse.
Les administrations du Canada sont soumises à des pressions sans cesse croissantes pour le financement de cette catégorie de médicaments et pour l'élaboration de procédures visant à faire face aux dilemmes éthiques touchant l'accès à ces produits et à d'autres médicaments. Puisque les maladies rares affectent peu de patients, ces produits viennent mettre en doute les démarches classiques de collecte de données, tant dans le cadre des essais cliniques qu'au moment de l'utilisation « dans le monde réel » après la mise en marché. La nécessité d'un traitement efficace n'en est toutefois pas moins légitime pour les patients souffrant d'une maladie rare que pour ceux qui sont aux prises avec des maladies plus courantes. Par conséquent, on songe à faire en sorte que le processus décisionnel actuel se penche de façon différente sur les cas de médicaments onéreux pour maladies rares. Toutes les administrations sont aux prises avec le défi que pose le fait de déterminer quand et à quelles conditions il est opportun de rembourser à l'aide du régime public des thérapies qui ne répondent pas aux normes habituelles de données probantes visant à justifier une couverture, particulièrement dans les cas où il n'existe aucune pharmacothérapie alternative.
La question des médicaments onéreux pour maladies rares touche plusieurs, voire tous les éléments de la SNPP, ce qui vient confirmer le fait qu'ils sont interreliés. Une structure complète pour ces médicaments aidera à améliorer la compréhension du Canada envers des maladies rares, permettra d'aligner les programmes et les processus actuels dans les diverses administrations, améliorera le processus décisionnel et fournira également des lignes directrices pour prendre en charge la recherche, les données probantes, les coûts, l'accès, le financement et les questions éthiques.
Progrès et réalisations
Les activités visant la création d'une structure pour les médicaments onéreux pour maladies rares ont fait en sorte :
En vue de comprendre le besoin de médicaments onéreux pour maladies rares et de favoriser la compréhension commune des grands enjeux qui les concernent :
La recherche à ce jour a révélé qu'il n'existe pas de définition commune à l'échelle internationale, ni d'ensemble de critères pour qualifier les « maladies rares ». Les définitions existantes sont plutôt arbitraires, ne sont pas à caractère informatif et n'aident pas à la prise de décision pour un éventuel accès au marché. De même, aucune des administrations étudiées n'était dotée d'une démarche significative et étoffée pour traiter les questions éthiques touchant l'attribution et les décisions fondées sur des données probantes concernant ces médicaments. Les constatations ont permis de souligner l'importance de pouvoir compter sur des processus et des normes qui permettraient :
Élaborer une étude de pharmacovigilance pour la maladie de Fabry :
Recommandation
Le Groupe de travail ministériel recommande :
Prochaines étapes
Lea administrations FPT accélèrent leur travail dans ce secteur et mettent pleinement à contribution les experts, les responsables fédéraux de la réglementation, les patients et la population canadienne. Compte tenu de la complexité du dossier, une démarche concertée est nécessaire pour s'assurer que les thérapies comportant des médicaments onéreux pour maladies rares financés par les deniers publics ont fait la preuve qu'elles sont valables pour les Canadiennes et Canadiens. La prochaine phase du travail se concentrera sur :
L'expérience internationale
Participation des intervenants
Création d'une structure
Objectif
Offrir aux Canadiennes et Canadiens un accès équitable et abordable à des médicaments sûrs, efficaces et rentables.
Contexte et raison d'être
L'accès équitable à des services de santé constitue une pierre d'assise fondamentale du système de santé canadien. Toutefois, il existe des contradictions et des inégalités dans la couverture des médicaments d'ordonnance dont bénéficient les Canadiennes et Canadiens un peu partout au pays.
Une démarche nationale de gestion des listes de médicaments couverts permettrait :
Le PCEM a démontré les avantages d'une démarche nationale concertée en matière de produits pharmaceutiques. Créé en 2003, le PCEM fournit de l'information et soutient les décisions en matière de couverture de médicaments en offrant les conseils d'experts et en formulant des recommandations d'inscription à la liste de médicaments fondées sur un examen de l'efficacité thérapeutique et de la rentabilité. En octobre 2005, les ministres de la Santé se sont entendus pour élargir le PCEM à tous les médicaments subventionnés et pour travailler à la création d'une liste nationale commune de médicaments qui permettrait un accès plus uniforme aux médicaments partout au pays.
Progrès et réalisations
À ce jour, le travail s'est concentré sur l'exploration de la faisabilité et des avantages d'élargir le PCEM à tous les médicaments. Les gouvernements ont convenu que ce travail se fera selon un ordre de priorité, en commençant par (1) les médicaments existants avec de nouvelles indications, (2) les médicaments d'oncologie, (3) l'examen des classes thérapeutiques, (4) les médicaments administrés dans les hôpitaux et (5) tous les autres médicaments. Dans le cadre de ces priorités, le travail à ce jour s'est concentré sur les composantes suivantes :
Pour l'élargissement du PCEM
Pour la création d'un processus d'examen commun des médicaments d'oncologie
Analyse comparative des listes existantes en vue d'une liste commune de bénéfices
Recommandations
Le Groupe de travail ministériel recommande :
Prochaines étapes
La prochaine étape du travail devrait se concentrer sur les composantes suivantes, qui seront abordées dans l'ordre de priorité indiqué :
Participation des intervenants
Objectif
Contribuer à la viabilité des régimes publics d'assurance médicaments afin que les Canadiennes et Canadiens puissent bénéficier d'un accès abordable et en temps opportun aux médicaments d'ordonnance, et ce, en : (1) atteignant la parité internationale des prix pour les médicaments non brevetés; (2) en élaborant des stratégies de fixation des prix et d'achat afin d'obtenir les meilleurs prix pour les médicaments d'ordonnance et les vaccins au Canada; et (3) en accélérant l'accès à des médicaments abordables pour les Canadiennes et Canadiens.
Contexte et raison d'être
Stratégies d'achat et de fixation des prix
Compte tenu de la nature complexe et fragmentée du marché canadien des produits pharmaceutiques, des arguments solides militent en faveur d'une démarche nationale concertée pour parvenir à réaliser le mandat concernant la fixation des prix et l'achat.
Le marché canadien des produits pharmaceutiques se distingue par ses multiples payeurs, de même que par ses mesures incitatives, ses priorités et ses intérêts en compétition. Cette fragmentation profite à l'industrie pharmaceutique, qui utilise la structure actuelle du marché pour générer une concurrence entre les administrations pour l'accès à un médicament et pour l'obtention de produits à ajouter à leur liste de médicaments. Ce marché fragmenté permet aussi la maximisation des marges de profit, ce qui ne pourrait pas se réaliser dans un marché unique et unifié. À ce jour, il n'y a eu que très peu de coordination entre les divers programmes d'assurance médicaments FPT en ce qui a trait aux stratégies d'achat et de fixation des prix, et ce manque de collaboration signifie que les programmes publics sous-utilisent peut-être un pouvoir d'achat considérable et permettent à l'industrie d'exiger des prix élevés.
Le CEPMB surveille et fait rapport sur les prix des médicaments brevetés et s'assure que les prix de ces médicaments brevetés canadiens ne sont pas excessifs. Les prix dans le secteur des médicaments non brevetés ne sont pas régis par de tels règlements. Une étude sur le prix des médicaments non brevetés menée en 2002 par les administrations FPT et le CEPMB a permis de constater que les prix canadiens des médicaments non brevetés sont de 21 à 51 p. cent plus élevés que les prix médians internationaux 22. Le CEPMB surveille maintenant et fait rapport tous les trimestres sur les prix des médicaments d'ordonnance non brevetés. Le premier de ses rapports a été déposé le 4 juillet 2006. Selon les données de ce rapport, le CEPMB estime que, si les prix canadiens n'avaient pas dépassé les prix médians internationaux, les dépenses du Canada pour des médicaments d'ordonnance non brevetés23 en 2005 auraient pu être réduites de 32,5 p. cent, soit de 1,47 milliard $ 24.
Même si la parité avec les prix internationaux constitue un objectif important, une analyse du marché canadien semble indiquer que des économies supplémentaires sont possibles. S'attaquer aux pratiques touchant les réductions de prix (lorsque les manufacturiers utilisent des sommes d'argent ou d'autres incitatifs pour influencer les décisions d'achat des pharmacies) pourrait aider à parvenir à de « meilleurs » prix pour les médicaments d'ordonnance pour les Canadiennes et Canadiens. Des estimations modérées évaluent ces réductions en moyenne à 40 p. cent pour les médicaments génériques; mais ces rabais ne sont toutefois par transférés aux consommateurs ou aux deniers publics, ce qui vient renforcer l'argument en faveur d'une plus grande transparence dans ce domaine25.
Une stratégie nationale d'achat et de fixation des prix pourrait être mise en place à l'aide de deux grandes démarches; une réglementation ou une législation nationale, et une démarche concertée de gestion commerciale.
Indications élargies des médicaments brevetés
L'évaluation des prix de lancement des médicaments brevetés par le CEPMB (c.-à-d. le prix de lancement maximal et non excessif) s'effectue à partir d'indications ou d'usages approuvés du médicament au moment de son examen initial. Même si un médicament peut être approuvé plus tard pour d'autres indications caractérisées par des prix plus bas, le CEPMB manque présentement de mécanismes dans ses lignes directrices touchant les prix excessifs pour réévaluer les prix d'un tel produit le cas échéant.
Accélérer l'accès aux médicaments non brevetés
Puisque les médicaments non brevetés sont généralement moins coûteux que les médicaments brevetés, les premiers ministres, dans leur Accord sur la santé de septembre 2004, reconnaissent le besoin « d'accélérer l'accès aux médicaments non brevetés ».
Les gouvernements reconnaissent le rôle crucial de l'industrie pharmaceutique dans l'élaboration de médicaments de pointe et que la protection de la propriété intellectuelle est essentielle pour favoriser et soutenir l'innovation.
Recommandations
Le Groupe de travail ministériel recommande :
Les amendements actuels proposés au Règlement sur les médicaments brevetés (avis de conformité) et le Règlement sur les aliments et drogues (protection des données) indiquent qu'Industrie Canada et Santé Canada reconnaissent de la même façon l'importance de faire l'équilibre entre l'application des brevets et une entrée sur le marché au moment opportun des médicaments génériques.
Progrès et réalisations
À ce jour, les activités se sont concentrées sur l'atteinte de prix plus concurrentiels pour les médicaments non brevetés (de sources unique et multiple), en se concentrant sur l'élaboration d'options stratégiques pour la création d'une structure nationale complète d'achat et de fixation des prix.
Les grandes lignes de ces actions sont les suivantes :
Prochaines étapes
La prochaine étape du travail pour l'élaboration de stratégies d'achat et de fixation des prix devrait mettre l'accent sur :
Participation des intervenants
Objectif
Créer un système plus solide pour la collecte, l'interprétation et l'application des renseignements touchant l'innocuité et l'efficacité des médicaments au Canada.
Contexte et raison d'être
Les médicaments approuvés par Santé Canada doivent subir une série de tests cliniques rigoureux avant d'être mis en vente. Toutefois, les résultats fondés uniquement sur des essais cliniques contrôlés réalisés auprès de groupes de patients rigoureusement choisis ne sont pas suffisants pour présumer de l'innocuité et de l'efficacité d'un médicament « dans le monde réel » (où ils sont utilisés par différents groupes de la population à des doses variables et pour de longues périodes). Le modèle de risques et de bienfaits d'un médicament change également au fil du temps, alors que son usage thérapeutique évolue.
Comme on a pu le voir lors des événements récents impliquant les inhibiteurs de la COX-2 (« Vioxx » et « Bextra »), le rendement d'un médicament ne peut être entièrement évalué qu'à partir de son utilisation dans le monde réel et lorsqu'il peut être comparé à d'autres produits. Présentement, les faits probants résultant d'une utilisation dans le monde réel et les conclusions auxquelles ces faits permettent d'en arriver sont extrêmement limités, et lorsqu'ils sont accessibles, ils ne sont pas coordonnés ni reliés de façon systématique. De même, ces activités n'ont pas tendance à prendre en compte le point de vue des patients, et les commentaires des fournisseurs de soins se limitent en général à des groupes d'experts relativement restreints.
Cette lacune dans l'information fait obstacle à une prise de décision efficace, fondée sur les données probantes, pour toutes les personnes concernés par la réglementation, la prescription, l'utilisation et la couverture des médicaments. Cette lacune est particulièrement criante pour les produits qui reçoivent un avis de conformité avec conditions26, et pour lesquels une preuve de bénéfices sur le plan clinique est considérée comme prometteuse, sans être définitive.
S'attaquer aux questions d'innocuité et d'efficacité, tout en respectant les responsabilités du gouvernement fédéral en matière de réglementation dans ce secteur, exige la contribution de nombreux joueurs et suggère la nécessité d'une surveillance et d'une planification à l'échelle nationale concernant la génération et l'usage des preuves d'innocuité et d'efficacité.
Une démarche nationale cohérente pourrait aider à une utilisation la plus efficace possible des ressources humaines et financières du Canada dans ce domaine. Un système visant à favoriser une plus grande surveillance des médicaments et des classes de médicaments en fonction de leur impact sur les résultats pour la santé et sur le système public de santé du Canada serait aussi nécessaire.
Progrès et réalisations
Le travail accompli à ce jour pour l'amélioration de la surveillance des médicaments et pour le renforcement des mécanismes d'intégration de données probantes provenant du monde réel s'est concentré sur :
En septembre 2005, la SNPP a organisé une réunion de travail en vue d'obtenir l'opinion des intervenants sur le renforcement de l'évaluation de l'efficacité et de l'innocuité des médicaments. Cette réunion a rassemblé plus de 100 participants représentant l'industrie, les régimes publics et privés d'assurance médicaments, les organismes de contrôle, les chercheurs, les fournisseurs de soins de santé et les patients. La réunion et le dialogue qui a suivi ont servi de base à l'élaboration des quatre stratégies interdépendantes suivantes :
Un document de travail a été préparé en vue de fournir les détails des actions propres à chaque stratégie. À l'avenir, ce document pourrait servir de base de consultation avec les intervenants.
À ce jour, le travail s'est surtout concentré sur les stratégies 1 et 2 :
Recommandation
Le Groupe de travail ministériel recommande :
Prochaine étapes
Les principaux projets de la prochaine phase du travail pourraient inclure :
Participation des intervenants
Même si à ce jour, les efforts de concertation se sont concentrés sur les cinq éléments prioritaires de la SNPP mentionnés précédemment, le travail s'est poursuivi dans de nombreux autres domaines, y compris du côté de la prescription électronique (e-Rx) et de la prescription et de l'usage approprié des médicaments. Une brève description des progrès dans ces deux domaines est proposée ci-dessous.
Contexte
La mise en oeuvre de la prescription électronique promet au bout du compte de contribuer à de meilleurs résultats pour la santé et à une meilleure innocuité pour les patients en aidant à réduire l'incidence des erreurs de médication. Cette façon de faire favorisera également une pharmacothérapie optimale, en facilitant l'accès rapide aux outils et aux renseignements importants nécessaires à la prescription.
Activités en cours
Parmi les réalisations dans ce domaine, mentionnons :
La mise en oeuvre de la prescription électronique exigera l'intégration d'autres systèmes électroniques existants et émergents et d'autres modes de pratique, de même que la promotion de la mise en oeuvre de ce projet. Le tout exigera également que l'on s'assure que les structures réglementaires PT pertinentes touchant les professions de la santé soient amendées le cas échéant, pour appuyer entièrement et permettre la prescription électronique. Ce travail misera sur les avancées des diverses administrations provinciales dans les domaines de la prescription électronique, des systèmes de renseignements sur les médicaments et sur les dossiers médicaux électroniques.
Contexte
Même s'il est largement démontré que plusieurs dépenses en médicaments constituent des sommes bien investies, bien d'autres données font aussi état d'un gaspillage considérable, provoqué par une prescription et un usage inadéquat des médicaments 27. Lorsque des médicaments ne sont pas prescrits ni utilisés correctement, la qualité des soins diminue, des coûts inutiles sont occasionnés et les patients peuvent être gravement blessés ou affectés. Il a été démontré que les lacunes entre les données probantes et la pratique ont donné lieu à une prestation de soins qui peut être non nécessaire et même potentiellement dangereuse pour 20 à 25 p. cent des patients. La prescription inadéquate ou une mauvaise utilisation des médicaments ont été établies comme l'un des facteurs clés de la hausse des dépenses en médicaments et en soins de santé28.
Les lacunes entre les données probantes et la pratique existent pour un grand nombre de raisons. L'utilisation inappropriée des médicaments, qui se traduit par une surutilisation, une sous-utilisation ou une mauvaise utilisation de la médication est aussi attribuable à une combinaison de facteurs. Les études semblent indiquer que l'étendue du problème varie selon la catégorie de médicaments, selon la situation et selon le critère utilisé pour évaluer la pertinence des médicaments concernés29.
Activités en cours
Plusieurs initiatives pancanadiennes déjà en cours en sont à diverses étapes de leur progression et aideront à faire face à ces défis. Parmi celles-ci :
Il est reconnu que la mise en oeuvre et l'application de pratiques exemplaires en matière de prescription et d'utilisation des médicaments poseront à long terme le défi de changer les comportements, ce qui est intimement lié aux travaux futurs proposés en vertu du secteur prioritaire touchant l'innocuité et l'efficacité des produits pharmaceutiques dans le monde réel.
Prochaines étapes
En passant à la prochaine étape, le Groupe de travail ministériel devrait continuer de surveiller les progrès et, dans la mesure du possible, de créer des liens entre les initiatives pertinentes liées à la SNPP.
La présentation de ce rapport aux premiers ministres marque le début d'une nouvelle étape de travail pour la SNPP. Le travail se poursuivra en ce qui a trait à l'élaboration et à la mise en oeuvre des cinq grandes priorités de cette Stratégie, en se basant sur les recommandations contenues dans le présent rapport. Le GTM déterminera également le moment opportun pour élargir son travail à d'autres éléments de la SNPP.
Un dialogue continue entre les gouvernements et les intervenants sera clé lors de la prochaine étape.
1 Tel qu'entendu dans Un plan décennal pour consolider les soins de santé et dans le document Fédéralisme asymétrique, le Québec conserve son propre programme d'assurance médicaments et, par conséquent, ne participe pas à l'élaboration de cette stratégie. Le Québec est toutefois ouvert à un partage de l'information et des pratiques exemplaires.
2 Drug Expense Coverage in the Canadian Population : Protection from Severe Drug Expenses, Fraser Group/Tristat Resources, août 2002, pour l'Association canadienne des compagnies d'assurances de personnes, et tel que cité dans le rapport Kirby/Lebreton intitulé La santé des canadiens - le rôle du gouvernement fédéral : rapport final, 2002 (Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie).
3 Canadians' Access to Insurance for Prescription Medicines, Volume 2 : The Un-Insured and Under-Insured, Applied Management en association avec Fraser Group/Tristat Resources, Le Fonds pour l'adaptation des services en santé, Santé Canada, mars 2000.
4 Le Programme commun d'évaluation des médicaments (PCEM) est un processus unique qui vise à évaluer les nouveaux médicaments et à faire des recommandations sur les listes de médicaments couverts par les régimes d'assurance médicaments fédéraux, provinciaux et territoriaux.
5 Fait référence aux ventes à l'usine et exclut toute majoration de prix ou frais appliqués à la vente au détail.
6 Basé sur les dépenses totales en médicaments non brevetés génériques et de marque pour 2005, selon le rapport annuel du CEPMB.
7 On peut consulter le rapport de la Réunion de travail sur le renforcement de l'évaluation de l'innocuité et de l'efficacité des médicaments dans le monde réel au www.hc-sc.gc.ca/hcs-sss/pharma/nps-snpp/securit/index_f.html
8 Tel qu'entendu dans Un plan décennal pour consolider les soins de santé et dans le document Fédéralisme asymétrique, le Québec conserve son propre programme d'assurance médicaments et, par conséquent, ne participe pas à l'élaboration de cette stratégie. Le Québec est toutefois ouvert à un partage de l'information et des pratiques exemplaires.
9 Le Programme commun d'évaluation des médicaments (PCEM) est un processus unique d'évaluation des nouveaux médicaments qui vise à évaluer les nouveaux médicaments et à formuler des recommandations pour les régimes d'assurance médicaments participants du gouvernement fédéral, des provinces et des territoires.
10 Il s'agit de cas où les patients ne se conforment pas aux directives du prescripteur et/ou du pharmacien (en sautant des doses, par exemple).
11 Dépenses en médicaments au Canada de 1985 à 2005, Institut canadien d'information sur la santé, mai 2006.
12 Dépenses en médicaments au Canada de 1985 à 2005, p. 37 : « De nombreux facteurs, dont plusieurs sont reliés, peuvent influencer les dépenses en médicaments. Comme les prix des médicaments, mesurés en fonction de plusieurs indices de prix, ont été relativement stables au cours des 10 dernières années, les facteurs qui jouent sur l'augmentation des dépenses en médicaments au Canada sont essentiellement associés au volume d'utilisation de médicaments et à l'arrivée de nouveaux médicaments (habituellement lancés sur le marché à un coût plus élevé). »
13 À titre d'exemple, les innovations mises de l'avant en Australie permettent de tirer des leçons en ce qui concerne les prescripteurs et l'éducation des patients; la Nouvelle-Zélande a elle aussi fait de grands pas en matière de gestion des produits pharmaceutiques.
14 Le projet de loi 130, un amendement à la Loi sur l'assurance médicaments et modifiant diverses dispositions législatives, permet au gouvernement du Québec de conclure des ententes avec les fabricants de médicaments sur le partage des risques financiers pour certains médicaments précis et sur des mesures compensatoires. Il exige également que les fabricants et les grossistes de médicaments fixent des règles pour encadrer leurs pratiques commerciales.
15 Le projet de loi 102, passé en troisième et dernière lecture devant l'Assemblée législative de l'Ontario le 19 juin 2006, comporte des propositions de modifications à la Loi sur un régime de médicaments transparent pour les patients en vue, entre autres choses, d'assurer la rémunération des « services professionnels de pharmacie », de permettre que soit haussés les frais d'exécution d'ordonnance et de réduire le prix des médicaments génériques de 50 p. cent par rapport à leur équivalent de grandes marques, en plus de rendre illégale toute réduction accordée aux pharmacies par les fournisseurs (sauf lorsqu'il s'agit d'escompte pour paiement rapide ou de certaines allocations pour dépenses professionnelles).
16 Parmi celles-ci, mentionnons la Commission sur l'avenir des soins de santé au Canada (commission Romanow) et l'étude du Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie intitulée La santé des Canadiens - le rôle du gouvernement fédéral (rapport Kirby/Lebreton).
17 Drug Expense Coverage in the Canadian Population: Protection from Severe Drug Expenses, Fraser Group/Tristat Resources, août 2002, pour l'Association canadienne des compagnies d'assurances de personnes, et tel que cité dans le rapport Kirby/Lebreton intitulé La santé des Canadiens - le rôle du gouvernement fédéral : rapport final, 2002 (Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie).
18 Canadians' Access to Insurance for Prescription Medicines, Volume 2: The Un-Insured and Under-Insured, Applied Management en association avec Fraser Group/Tristat Resources, Le Fonds pour l'adaptation des services de santé, Santé Canada, mars 2000.
19 Des hausses dans le cadre de cette échelle seraient basées sur une proportion d'un pour cent pour chaque tranche de 10 000 $ de revenu en vue de générer un effet de lissage et d'éviter les répercussions d'importantes hausses des seuils de CMO lorsque le revenu de la famille augmente.
20 Des études variées de tiers partis ont estimé le coût de l'écart. Par exemple, Ken Fraser (Tristat/Fraser Group), The Challenge of Catastrophic Drug Coverage, exposé dans le cadre de l'atelier sur la CMO de l'Atlantic Institute of Market Studies (AIMS), le 16 mai 2006, et La santé des Canadiens - Le rôle du gouvernement fédéral, Rapport final, Volume 6 : Recommandations en vue d'une réforme, Le Comité sénatorial permanent des Affaires sociales, de la science et de la technologie, coprésidé par les sénateurs Kirby et Lebreton, octobre 2002.
21 Le PCEM examine déjà de nouveaux médicaments oraux et des médicaments d'oncologie à prendre à la maison.
22 D'autres études viennent corroborer ces constatations : un Livre blanc de la United States Food and Drug Administration, publié en novembre 2003; un rapport de l'Australian Productivity Commission intitulé International Pharmaceuticals Price Differences Research Report, de juillet 2001.
23 Les économies potentielles sont fondées sur la Parité du pouvoir d'achat (taux ajustés selon les différences en terme de coûts de la vie). Le même calcul fondé sur le Taux de change du marché (moyenne annuelle des taux de change du marché comptant) suggère des économies allant jusqu'à 29,5 p. cent, ou 1,34 milliards $.
24 Fondé sur les dépenses totales en médicaments génériques non brevetés pour 2005, selon le rapport annuel du CEPMB.
25 Certaines provinces effectuent des démarches indépendantes pour faire face à la dynamique du marché et en arriver à de meilleurs prix pour les produits pharmaceutiques. Le 19 juin 2006, l'Ontario a adopté le projet de loi 102, intitulé Loi sur un régime de médicaments transparent pour les patients. Au Québec, on a aussi effectué des efforts pour réglementer l'industrie pharmaceutique (à l'aide du projet de loi 130).
26 Un avis de conformité avec conditions est une autorisation de Santé Canada pour la mise en marché d'un médicament (c.-à-d., un avis de conformité), assortie de conditions pour lesquelles le fabricant doit entreprendre des études supplémentaires en vue de vérifier les bienfaits cliniques.
27 Mémoire présenté par l'Association des pharmaciens du Canada à la Commission Romanow, 2001.
28 Grol R., Crimshaw J. (2003) : « From best evidence to best practice: effective implementation of change in patients' care » dans Lancet 362:1225-30, tel que cité dans le plan d'affaires de COMPUS, 2004-2008.
29 Par exemple : Michael J. Doyle, thèse soumise en mai 2004, faculté de médecine/santé communautaire, Université Memorial de Terre-Neuve: « An Evaluation of the Development, Implementation, and Outcome of Pilot Prescription Monitoring Program in Newfoundland and Labrador ».