Le système public de soins de santé du Canada est en constante évolution. Des réformes ont été menées au cours des quatre dernières décennies et se poursuivront afin de tenir compte des changements de la médecine et de la société. Les bases de ce système demeurent toutefois les mêmes : la couverture universelle pour les services de soins de santé médicalement nécessaires, offerts selon les besoins plutôt que la capacité de payer.
Les valeurs fondamentales de justice et d'équité démontrées par la volonté des Canadiens de partager les ressources et les responsabilités caractérisent le système de soins de santé du Canada et ont été reflétées dans les modifications et les réformes importantes du système depuis sa création. Le système a été modifié et continue de l'être à mesure que la population du pays et les circonstances changent et que la nature des soins de santé elle-même évolue.
En général, la Constitution canadienne établit les pouvoirs des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux. En vertu de la Loi constitutionnelle de 1867, il incombait aux provinces d'ouvrir, d'entretenir et de gérer des hôpitaux, des asiles et des établissements de bienfaisance, tandis que le gouvernement fédéral devait s'occuper des hôpitaux de la marine et des mesures de quarantaine. Le gouvernement fédéral avait également le pouvoir d'emprunter, de prélever des impôts et de dépenser les sommes ainsi générées, à condition de ne pas empiéter sur les pouvoirs des provinces. Entre 1867 et 1919, année de la création du ministère de la Santé, c'est au ministère de l'Agriculture que revenaient toutes les responsabilités relatives à la santé. Les responsabilités des deux ordres de gouvernement ont évolué au fil des ans.
Avant la Seconde Guerre mondiale, les soins de santé au Canada étaient en grande partie financés et offerts par des organismes privés. En 1947, le gouvernement de la Saskatchewan a instauré un régime public universel provincial d'assurance-hospitalisation. En 1950, la Colombie-Britannique et l'Alberta se sont dotées d'un régime similaire. En 1957, le gouvernement fédéral a adopté la Loi sur l'assurance-hospitalisation et les services diagnostiques, aux termes de laquelle il offrait de rembourser ou de partager la moitié des coûts assumés par les provinces et les territoires pour des services hospitaliers et diagnostiques particuliers. La Loi prévoyait une couverture universelle, gérée par le secteur public, pour un éventail de services précis offerts selon des modalités uniformes. Quatre ans plus tard, toutes les provinces et tous les territoires acceptaient de financer à même les fonds publics les services prodigués aux malades hospitalisés et les services diagnostiques.
En 1962, la Saskatchewan a mis sur pied un régime d'assurance-maladie universel provincial afin d'offrir des services médicaux à tous ses habitants. En 1966, le gouvernement fédéral a adopté la Loi sur les soins médicaux, qui prévoyait le remboursement ou le partage de la moitié des coûts assumés par les provinces et les territoires pour les services médicaux offerts par un médecin à l'extérieur des hôpitaux. Au cours des six années suivantes, toutes les provinces et tous les territoires se sont dotés d'un régime d'assurance universel qui s'appliquait aux services offerts par les médecins.
De 1957 à 1977, la contribution financière du gouvernement fédéral aux soins de santé représentait un pourcentage (la moitié) des dépenses des provinces et des territoires pour des services médicaux et hospitaliers assurés. En 1977, aux termes de la Loi sur les accords fiscaux entre le gouvernement fédéral et les provinces et sur le financement des programmes établis, le partage des coûts a été remplacé par un mécanisme de financement global, soit une combinaison de versements en espèces et de points d'impôt. Le financement global consiste en un montant d'argent fourni par un ordre de gouvernement à un autre à des fins précises. Il y a transfert de points d'impôt lorsque le gouvernement fédéral réduit ses taux d'imposition et que les gouvernements provinciaux et territoriaux augmentent simultanément les leurs d'un montant équivalent. Cette nouvelle modalité de financement donnait aux gouvernements provinciaux et territoriaux la latitude nécessaire pour investir les fonds des soins de santé selon leurs besoins et leurs priorités. Les transferts de fonds fédéraux pour l'éducation postsecondaire se sont aussi ajoutés au transfert en santé.
En 1984, le gouvernement fédéral a adopté la Loi canadienne sur la santé. Cette Loi a remplacé les lois fédérales sur l'assurance-maladie et l'assurance-hospitalisation, mais a consolidé leurs principes en établissant des critères concernant la transférabilité, l'accessibilité, l'universalité, l'intégralité et la gestion publique. La Loi contenait également des dispositions interdisant la surfacturation et l'imposition de frais modérateurs pour la prestation de services assurés (voir la section sur le gouvernement fédéral dans la présente brochure pour obtenir de plus amples détails).
Une loi fédérale adoptée en 1995 consolidait les transferts de fonds et d'impôts fédéraux pour les soins de santé et l'éducation postsecondaire avec les transferts fédéraux pour les services sociaux et l'assistance sociale en un seul mécanisme de financement, le Transfert canadien en matière de santé et de programmes sociaux (TCSPS), en vigueur à compter de l'année financière 1996-1997.
En 2000, un accord entre les chefs des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux (les premiers ministres) instaurait des réformes importantes concernant les soins de santé primaires, la gestion des produits pharmaceutiques, la technologie de l'information et la communication en santé, le matériel et l'infrastructure de la santé. Au même moment, le gouvernement fédéral augmentait les transferts de fonds en santé.
En 2003, les premiers ministres ont conclu l'Accord sur le renouvellement des soins de santé, qui prévoyait des modifications à la structure du système de soins de santé pour favoriser l'accessibilité, la qualité et la viabilité à long terme. Selon l'Accord, les gouvernements s'engageaient à mener des réformes ciblées dans des domaines comme le renouvellement accéléré des soins de santé primaires, le soutien de la technologie de l'information (p. ex. dossiers de santé électroniques, télésanté), la couverture de certains médicaments et soins à domicile, un meilleur accès au matériel diagnostique et médical, et une meilleure responsabilisation de la part des gouvernements.
Dans le cadre de l'Accord, les transferts de fonds en santé du gouvernement fédéral ont été augmentés et, à compter d'avril 2004, les transferts de fonds et d'impôts du TCSPS ont été répartis entre le Transfert canadien en matière de santé pour les soins de santé et le Transfert canadien en matière de programmes sociaux pour l'éducation postsecondaire, les services sociaux et l'aide sociale.
En 2004, les premiers ministres ont annoncé d'autres réformes dans le Plan décennal pour consolider les soins de santé. Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux se sont engagés à adopter un plan de renouvellement des soins de santé, qui comprenait l'application de réformes dans des domaines clés comme la gestion des délais d'attente, les ressources humaines en santé, la santé des Autochtones, les soins à domicile, les soins de santé primaires, une stratégie nationale relative aux produits pharmaceutiques, les services de soins de santé dans le Nord, l'équipement médical, la prévention, la promotion et la santé publique et la présentation de rapports améliorés sur les progrès réalisés par rapport à ces réformes. Pour soutenir ce plan, le gouvernement fédéral a augmenté les transferts de fonds pour les soins de santé, ce qui comprend l'augmentation annuelle du Transfert canadien en matière de santé à compter de 2006-2007 jusqu'en 2013-2014 afin de favoriser une croissance prévisible concernant le financement fédéral.
Au printemps 2007, les provinces et les territoires se sont tous publiquement engagés à avoir établi des garanties sur les délais d'attente pour les patients en un secteur prioritaire avant 2010, ainsi qu'à réaliser des projets pilotes pour vérifier ces garanties et en guider la mise en œuvre. Les garanties sur les délais d'attente pour les patients consistent à offrir aux patients d'autres options (p. ex. les orienter vers un autre médecin ou un autre établissement de soins de santé) s'ils ne peuvent recevoir des services médicaux nécessaires dans les délais établis.
Pour de plus amples renseignements sur l'histoire de notre système de soins de santé, veuillez consulter la chronologie, la bibliographie et la liste des ressources en ligne, à la fin de cette brochure.
La structure du système de soins de santé du Canada est largement déterminée par la Constitution canadienne, qui prévoit un partage des rôles et des responsabilités entre les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux. Les gouvernements des provinces et des territoires qui ont le plus de responsabilités concernant la prestation des services de santé et des autres services sociaux. Le gouvernement fédéral est également responsable d'offrir des services à certains groupes de personnes.
Les soins de santé publics sont financés à partir de recettes générales provenant des impôts prélevés par les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, comme l'impôt sur le revenu des particuliers et des sociétés, les taxes de vente, les retenues à la source et d'autres recettes. Les provinces peuvent également imposer une contribution santé pour aider à financer les services de soins de santé publics, mais le non-paiement de celle-ci ne doit pas limiter l'accès aux services médicalement nécessaires.
La santé ne se limite pas au système de soins de santé. La santé publique, notamment l'hygiène, les maladies infectieuses et les activités de sensibilisation connexes, est une responsabilité partagée entre les trois ordres de gouvernement : fédéral, provincial ou territorial, et local ou municipal. Ces services sont toutefois généralement fournis à l'échelle provinciale, territoriale et locale.
Les rôles du gouvernement fédéral dans les soins de santé consistent à établir et à appliquer des principes nationaux pour le système en vertu de la Loi canadienne sur la santé, à fournir un appui financier aux provinces et aux territoires et à s'acquitter de plusieurs autres fonctions, y compris le financement et/ou la prestation de services primaires et supplémentaires à certains groupes de personnes. Ces groupes comprennent les membres des Premières nations vivant dans les réserves, les Inuits, les militaires des Forces canadiennes en service, les anciens combattants admissibles, les détenus dans les pénitenciers fédéraux et quelques groupes de demandeurs du statut de réfugié.
La Loi canadienne sur la santé établit les critères et les conditions des régimes d'assurance-maladie que les provinces et les territoires doivent respecter pour recevoir l'intégralité des transferts de fonds pour la santé. Les provinces et les territoires doivent fournir un accès raisonnable aux services hospitaliers et médicaux nécessaires. La Loi déconseille la surfacturation et l'imposition de frais modérateurs. La surfacturation est la facturation, par un praticien, de la prestation d'un service de santé assuré, en excédent par rapport au montant payé ou à payer par pour la prestation de ce service au titre du régime d'assurance-maladie de la province ou du territoire. Les frais modérateurs correspondent à tous les frais d'un service de santé assuré permis, mais non payables, par un régime provincial ou territorial d'assurance-maladie, à l'exception des frais imposés par surfacturation.
Le gouvernement fédéral octroie des transferts de fonds et d'impôt aux provinces et aux territoires pour la santé par l'entremise du Transfert canadien en matière de santé. Le gouvernement fédéral fait également des paiements de péréquation fiscale aux provinces les moins nanties et accorde du financement aux territoires pour les aider à prendre en charge les coûts des services publics, incluant les soins de santé.
Les services fédéraux offerts directement aux Premières nations et aux Inuits comprennent des services de soins primaires et de soins d'urgence dans les réserves éloignées et isolées où les services des provinces et des territoires ne sont pas faciles d'accès, des programmes de santé communautaire dans les réserves et dans les communautés des Inuits ainsi qu'un programme de services de santé non assurés (médicaments, services dentaires et services de santé auxiliaires) pour les membres des Premières nations et les Inuits, peu importe leur lieu de résidence au Canada. Ces services sont généralement offerts dans des postes de soins infirmiers, des centres de santé, des centres de traitement de patients hospitalisés et dans le cadre de programmes communautaires axés sur la promotion de la santé. Les deux ordres de gouvernement et les organisations autochtones collaborent de plus en plus pour intégrer la prestation de ces services aux systèmes des provinces et des territoires.
Le gouvernement fédéral est également responsable de la protection et de la réglementation en santé (p. ex. réglementation des produits pharmaceutiques, des aliments et des matériels médicaux), de la sécurité des consommateurs, ainsi que de la surveillance et de la prévention des maladies. Il appuie également la promotion de la santé et la recherche en santé. De plus, il a adopté des mesures fiscales liées à la santé, y compris l'octroi de crédits d'impôt pour les dépenses médicales, les handicaps, les soignants et les personnes à charge atteintes d'incapacité, des réductions de taxes aux établissements publics pour les services de santé, ainsi que des déductions sur les primes d'assurance-maladie privée pour les travailleurs autonomes.
Voici les cinq principes sur lesquels repose la Loi canadienne sur la santé :
Gestion publique : Les régimes provinciaux et territoriaux doivent être sans but lucratif et être gérés et exploités par un organisme public qui rend des comptes au gouvernement provincial ou territorial.
Intégralité : Les régimes provinciaux et territoriaux doivent assurer tous les services médicalement nécessaires offerts par les hôpitaux, les praticiens et les dentistes qui exercent en milieu hospitalier.
Universalité : Les régimes provinciaux et territoriaux doivent protéger toutes les personnes assurées inscrites au régime d'assurance-maladie selon des modalités uniformes.
Accessibilité : Les régimes provinciaux et territoriaux doivent fournir à toutes les personnes assurées un accès raisonnable aux services hospitaliers et médicaux médicalement nécessaires sans frais ni autres mesures restrictives.
Transférabilité : Les régimes provinciaux et territoriaux doivent protéger toutes les personnes assurées lorsqu'elles déménagent dans une autre province ou dans un autre territoire au Canada et lorsqu'elles voyagent à l'étranger. Les provinces et les territoires limitent la couverture offerte dans le cas de services offerts à l'étranger. Ils peuvent exiger l'approbation préalable de services non urgents offerts à l'extérieur de la province ou du territoire concerné.
Les provinces et les territoires gèrent et fournissent la majorité des services de soins de santé du Canada, tout en s'assurant que les régimes d'assurance-maladie respectent les principes nationaux énoncés dans la Loi canadienne sur la santé. Chaque régime d'assurance-maladie des provinces et des territoires assume les coûts des services hospitaliers et médicaux médicalement nécessaires prépayés, qui sont offerts gratuitement au point de service. Les gouvernements des provinces et des territoires financent ces services à l'aide de transferts pécuniaires et fiscaux du gouvernement fédéral.
Les services médicalement nécessaires ne sont pas définis dans la Loi canadienne sur la santé. Il incombe aux régimes d'assurance-maladie provinciaux et territoriaux de déterminer, de concert avec les collèges ou les groupes de médecins respectifs, les services qui sont médicalement nécessaires aux fins de l'assurance-maladie. S'il est établi qu'un service est médicalement nécessaire, le coût du service doit être entièrement payé par le régime d'assurance-maladie public pour que les dispositions de la Loi soient respectées. Si un service n'est pas jugé médicalement nécessaire, la province ou le territoire n'est pas dans l'obligation de le payer au moyen de son régime d'assurance-maladie.
Parmi leurs rôles en soins de santé, les gouvernements des provinces et des territoires :
La plupart des gouvernements des provinces et des territoires offrent et financent des services supplémentaires pour certains groupes (p. ex. : les personnes à faible revenu et les personnes âgées), comme les médicaments prescrits à l'extérieur des hôpitaux, les coûts des services ambulanciers ainsi que les soins de la vue, de l'ouïe et dentaires qui ne sont pas couverts en vertu de la Loi canadienne sur la santé.
Bien que les provinces et les territoires fournissent ces prestations supplémentaires à certains groupes de personnes, les services de santé supplémentaires sont en grande partie financés à partir de sources privées. Les personnes et les familles qui ne sont pas admissibles à la protection assurée par le système public peuvent payer ces coûts directement (de leur poche), obtenir une protection dans le cadre d'une assurance collective au travail ou adhérer à un régime privé. En vertu de la plupart des lois provinciales et territoriales, la couverture offerte par les assureurs privés est limitée et ne peut dupliquer celle des régimes publics; cependant, il peut s'exercer une concurrence sur le marché des services supplémentaires.
De plus, dans chaque province et territoire, il existe un organisme indépendant d'indemnisation des accidentés du travail, dont les fonds proviennent des employeurs, qui finance les services offerts aux employés qui se blessent au travail.
Au sein du système de soins de santé public, les dépenses en santé varient entre les provinces et les territoires, partiellement en raison de différences entre les services couverts par chaque province et territoire et de facteurs démographiques, comme l'âge de la population. La densité de population des régions est un autre facteur qui peut avoir des conséquences sur les coûts des soins de santé.
Selon l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS), en 1975, les coûts totaux des soins de santé au Canada comptaient pour 7 % du produit intérieur brut (PIB). Les dépenses totales en santé au Canada, exprimées en pourcentage estimatif du PIB, ont atteint 11,7 % en 2010 (ou 5 614 $ CA par personne)i. En 2010, en moyenne, sept dollars sur dix dépensés en soins de santé provenaient des fonds publics. Les trois autres dollars provenaient de sources privées et couvraient les coûts de services supplémentaires comme les médicaments, les soins dentaires et les soins de la vueii.
Au cours des trente dernières années, on a constaté des changements importants dans la manière dont l'argent était dépensé en santé. En moyenne, la part des dépenses totales en santé pour les hôpitaux et les médecins a diminué, tandis que les dépenses en médicaments ont nettement augmenté.
Bien que la proportion de dépenses en soins de santé associée aux hôpitaux soit passée d'environ 45 % dans le milieu des années 1970 à 29 % en 2010, les hôpitaux continuent de représenter la plus grande part des dépenses en soins de santé. Les dépenses en médicaments constituent la deuxième part en importance des dépenses depuis 1997, équivalant à 16 % des dépenses en 2010. Au troisième rang des dépenses en soins de santé se trouvent les paiements versés aux médecins, qui comptent pour 14,0 % des dépenses en 2010iii.
Le système public de soins de santé du Canada se définit comme un ensemble coordonné de dix régimes provinciaux et de trois régimes territoriaux. Mieux connu par les Canadiens sous le nom d'« assurance-maladie », le système fournit un accès à un large éventail de services de santé.
Lorsque les gens ont besoin de soins de santé, ils se tournent le plus souvent vers des services de soins de santé primaires, lesquels constituent le premier point de contact avec le système de soins de santé. En général, les soins de santé primaires ont une double fonction. D'abord, ils permettent de fournir directement les services de santé de première ligne. Ensuite, ils permettent de coordonner les services de soins de santé fournis aux patients pour assurer la continuité des soins et faciliter le cheminement au sein du système de soins de santé lorsque des soins plus spécialisés sont nécessaires (p. ex. de la part des spécialistes ou dans les hôpitaux).
Les services de soins de santé primaires sont de plus en plus complets et peuvent comprendre la prévention et le traitement de blessures et de maladies courantes, les services d'urgence de base, la coordination avec d'autres niveaux de soins comme les hôpitaux et les soins d'un spécialiste, les soins primaires en santé mentale, les soins palliatifs et de fin de vie, la promotion de la santé, le développement en santé des enfants, les soins de maternité primaires et les services de réadaptation ainsi que l'orientation des patients vers ces services.
En général, les médecins en cabinet privé sont rémunérés à l'acte selon des barèmes qui détaillent chaque service et la rémunération accordée pour chaque service. Ces barèmes sont négociés entre chaque gouvernement provincial et territorial et les associations médicales dans leurs territoires de compétence respectifs. Ceux qui pratiquent dans d'autres milieux comme les cliniques, les centres de santé communautaire et la médecine de groupe, sont plutôt rémunérés selon un autre mode de paiement comme le salaire ou la rémunération mixte (p. ex. paiement à l'acte plus incitatif pour la prestation de certains services comme le traitement plus efficace des maladies chroniques). Le personnel infirmier et les autres professionnels de la santé reçoivent généralement un salaire qui a été négocié entre leurs syndicats et leurs employeurs.
Au besoin, les patients qui nécessitent un diagnostic ou un traitement plus poussé sont orientés vers d'autres services de soins de santé, comme le test de diagnostic, et d'autres professionnels de la santé comme les médecins spécialistes, le personnel infirmier praticien et les professionnels paramédicaux (des professionnels de la santé autres que les médecins et le personnel infirmier).
Ressources humaines en santé
En 2006, un peu plus d'un million de personnes au Canada occupaient un emploi directement lié au domaine de la santé, ce qui représentait 6 % de la main-d'œuvre canadienne totale*.
Les professionnels de la santé peuvent être réglementés (par leur collège professionnel ou d'autres organismes d'accréditation) ou non réglementés, syndiqués ou non, employés, travailleurs autonomes ou bénévoles.
La plupart des médecins exercent dans des cabinets indépendants ou collectifs et ne sont pas des employés du secteur public. Certains travaillent dans des centres de santé communautaire, dans des cabinets collectifs en milieu hospitalier, au sein d'équipes de soins de santé primaires ou en affiliation avec le service de consultation externe d'un hôpital.
Le personnel infirmier travaille surtout dans des établissements de soins de courte durée (hôpitaux), mais il prodigue aussi des soins de santé communautaire, notamment des soins à domicile et des services de santé publique.
La plupart des dentistes travaillent dans des bureaux indépendants et leurs services ne sont généralement pas couverts par le système de santé public, sauf dans le cas des chirurgies dentaires nécessitant une hospitalisation.
Les professionnels paramédicaux incluent les hygiénistes dentaires, les techniciens médicaux et les techniciens de laboratoire, les optométristes, les pharmaciens, les physiothérapeutes et les ergothérapeutes, les psychologues, les orthophonistes et les audiologistes.
*Base de données sur le personnel de la santé, Institut canadien d'information sur la santé.
Il est possible qu'un patient soit orienté vers un hôpital, un établissement de soins de longue durée ou dans la collectivité pour recevoir des soins spécialisés. Au Canada, la plupart des hôpitaux sont dirigés par des conseils d'administration communautaires, des organismes bénévoles ou des régies régionales de la santé créées par les gouvernements des provinces et des territoires. Les hôpitaux sont généralement financés grâce à des budgets annuels globaux négociés avec les ministères des provinces et des territoires de la Santé, les régies ou les conseils régionaux de santé. Ces budgets définissent les objectifs ou les limites de dépenses globales (par opposition aux dispositions de rémunération à l'acte). Bien que le financement global continue d'être la principale méthode de remboursement des dépenses en soins de santé associées aux hôpitaux, certaines provinces ont essayé des méthodes de financement complémentaires.
Les services de santé secondaires peuvent également être prodigués à domicile, dans la collectivité ou dans des établissements (principalement de soins de longue durée ou pour malades chroniques). L'orientation des patients vers des services de soins à domicile, dans la collectivité ou dans un établissement peut être faite par les médecins, les hôpitaux, les organismes communautaires, les familles et les patients eux-mêmes. Les professionnels de la santé évaluent les besoins des patients, et la coordination des services est faite de façon à assurer la continuité des soins. Les soins sont fournis par différentes personnes soignantes, comme les professionnels, les aidants naturels (souvent des membres de la famille) et les bénévoles.
La plus grande partie des services de soins continus et des services de soins à domicile ne sont pas couverts par la Loi canadienne sur la santé; cependant, toutes les provinces et tous les territoires fournissent et financent certains de ces services de soins. La réglementation de ces programmes varie, tout comme la gamme des services. Le ministère fédéral des Anciens Combattants fournit des services de soins à domicile à certains anciens combattants lorsque ces services ne sont pas offerts par leur province ou leur territoire. De plus, le gouvernement fédéral fournit des services de soins à domicile aux membres des Premières nations vivant dans les réserves et aux Inuits de certaines communautés.
En général, les services de soins de santé offerts dans les établissements de soins de longue durée sont financés par les gouvernements des provinces et des territoires, alors que les frais de chambre et pension sont payés par les patients; dans certains cas, les gouvernements des provinces et des territoires assument ces coûts.
Les soins palliatifs sont fournis dans différents milieux comme les hôpitaux ou les établissements de soins de longue durée, les hospices ou dans la collectivité et à domicile. Les soins palliatifs sont offerts aux patients en phase terminale et à leur famille et comprennent le soutien médical et affectif, le soulagement de la douleur et des symptômes, l'aide concernant des programmes et des services communautaires, ainsi que la prestation de conseils aux personnes en deuil.
Les provinces et les territoires assurent une couverture à certaines personnes (p. ex. les personnes âgées, les enfants et les bénéficiaires à faible revenu) pour les services de santé généralement non couverts par le système de santé public. Ces prestations de soins supplémentaires comprennent souvent les médicaments d'ordonnance pris à l'extérieur des hôpitaux, les soins dentaires, les soins de la vue, le matériel médical et les appareils (prothèses, fauteuils roulants, etc.) et les services d'autres professionnels de la santé comme les physiothérapeutes. Le niveau de protection varie à l'échelle du pays.
Comme il en a été fait mention précédemment, les personnes qui ne sont pas admissibles aux prestations supplémentaires dans le cadre des régimes gouvernementaux payent ces services directement de leur poche ou grâce à des régimes d'assurance-maladie privés. De nombreux Canadiens bénéficient d'une assurance privée supplémentaire contractée par l'entremise de leur employeur ou achetée directement, dont le niveau de couverture varie selon le régime choisi.
Le système de soins de santé du Canada fait face à des défis depuis les dernières années en raison d'un certain nombre de facteurs comme les nouveaux modes de prestation des services, les contraintes financières, le vieillissement de la génération des baby-boomers et les coûts élevés de la technologie moderne. On s'attend à ce que ces facteurs continuent de jouer un rôle à l'avenir.
Depuis la création du système public de soins de santé du Canada, les services de soins de santé et la façon dont ils sont offerts ont changé; les patients qui se rendaient auparavant dans les hôpitaux pour consulter des médecins reçoivent maintenant des soins dans des cliniques, des centres de soins de santé primaires, des centres de santé communautaire ou à domicile, le traitement repose sur l'utilisation de l'équipement médical et la prise de médicaments et une plus grande importance est accordée à la promotion de la santé et de la santé publique.
Des progrès médicaux ont permis de faire plus d'interventions en consultation externe et de chirurgies d'un jour. Au cours des dernières décennies, le nombre de nuits passées dans les hôpitaux de soins de courte durée par habitant au Canada a diminué, alors que les soins offerts en phase post aiguë ou les services paramédicaux à domicile et dans la collectivité ont connu une augmentation.
Depuis le milieu des années 1990, la plupart des provinces et des territoires se sont efforcés de réduire les coûts et d'améliorer la prestation des services en décentralisant la prise de décisions relatives à la prestation de soins de santé vers l'échelon du conseil régional ou local. Ces conseils de santé régionaux sont gérés par des membres nommés qui assurent une surveillance des hôpitaux et des établissements de soins de longue durée ainsi que de la prestation des soins à domicile et des services de santé publique dans leur région. Cependant, certaines provinces ont récemment renoncé au modèle décentralisé de prestation des soins de santé et opté pour le regroupement de plusieurs autorités en santé et la centralisation des structures de prise de décisions.
Le modèle traditionnel de soins primaires, que l'on peut qualifier d'épisodique, a bien réagi aux besoins des Canadiens. Cependant, étant donné le vieillissement de la population, les taux croissants de maladies chroniques et d'autres changements quant aux tendances en santé, le système de soins de santé doit maintenir et continuer de renforcer la capacité de réagir aux besoins changeants des Canadiens.
Les réformes se sont concentrées sur la prestation de soins de santé primaires, notamment l'établissement d'un plus grand nombre de centres de soins de santé primaires communautaires qui offrent en tout temps des soins médicaux, la création d'équipes de soins de santé primaires, les mesures axées davantage sur la promotion de la santé, la prévention des maladies et des blessures et le traitement des maladies chroniques, la coordination et l'intégration accrues des services de santé globaux et l'amélioration du milieu de travail des fournisseurs de soins de santé primaires.
Les progrès en cybersanté sont le centre d'attention du Canada et de plusieurs autres pays. Les technologies électroniques de la santé (comme les dossiers de santé électroniques et la télésanté) sont des facteurs d'innovation, de durabilité et d'efficacité importants dans le système de soins de santé, car elles améliorent l'accès aux services, la sécurité des patients, la qualité des soins et la productivité. La mise en œuvre et l'utilisation des dossiers de santé électroniques contribuent au renouvellement des soins de santé primaires en facilitant la coordination et l'intégration efficaces des services parmi les fournisseurs de soins.
Les mesures adoptées par les provinces et les territoires afin de réduire les délais d'attente pour les soins de courte durée selon les priorités de leur système de santé respectif comprennent la formation et l'embauche d'un plus grand nombre de professionnels de la santé, l'élimination de l'arriéré de patients nécessitant un traitement, l'édification des capacités des centres d'excellence régionaux, l'élargissement des programmes de soins ambulatoires et de soins communautaires de même que l'élaboration et la mise en place d'outils pour mieux gérer les délais d'attente.
La sécurité des patients, y compris les mesures prises pour éviter les erreurs médicales et les événements indésirables, est l'un des principaux enjeux auxquels font face les systèmes de soins de santé à l'échelle mondiale et l'un des aspects grandissants des efforts du Canada visant à améliorer la qualité des soins de santé fournis dans le cadre du système de soins de santé.
Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux continuent de collaborer avec les professionnels de la santé ainsi que les organismes et les établissements de soins de santé afin de mieux comprendre et d'atténuer les risques liés à la prestation des soins de santé. Ceci inclut l'élaboration et la mise en œuvre de diverses mesures visant à améliorer la sécurité des patients et la qualité des soins.
Ententes
Rapports de commission
Rapports
i Institut canadien d'information sur la santé (ICIS). Tendances des dépenses nationales de santé, 1975 à 2010, Ottawa, L'Institut, 2010, p. xi.
ii ICIS, Tendances, p. xi.
iii ICIS, Tendances, p. xi.