Le terme « sexe », ou « sexe biologique » renvoie aux caractéristiques biologiques comme l'anatomie (p. ex. taille et conformation corporelle) et la physiologie (p. ex. activité hormonale et fonctionnement des organes) qui distinguent les femmes des hommes.
Le terme « genre », ou « sexe social », renvoie à toute la gamme des rôles déterminés socialement, les traits de personnalité, les attitudes, les comportements, les valeurs, l’influence et le pouvoir relatifs que la société attribue de façon différente à l'un et à l'autre sexe.
Les données recueillies indiquent que les différences biologiques, économiques et sociales entre les hommes et les femmes, les garçons et les filles, induisent des différences dans les risques pour la santé, l’utilisation des services de santé, l’interaction avec le système de soins de santé et les résultats globaux en matière de santé.
L’ACSG est une approche en matière de recherche, de politiques et de programmes qui tient compte des différences biologiques (fondées sur le sexe) et socioculturelles (fondées sur le genre) qui existent entre les femmes et les hommes, les filles et les garçons. L’ACSG aide à définir et à préciser les différences qui peuvent influer l’état de santé des femmes ou des hommes, leur accès au système de soins de santé et leur interaction avec ce système.
L’ACSG doit être mise en œuvre dans le contexte de la diversité afin de déterminer de quelle façon d’autres variables telles que l’origine ethnique, la condition socioéconomique, les handicaps, l’orientation sexuelle, le temps passé au Canada, le lieu de vie ainsi que l’âge interagissent avec le sexe et le genre et influent le degré d’exposition à différents facteurs de risques, maladies et résultats. Ces connaissances aideront à faire en sorte que les travaux de recherche, les programmes et les politiques proposés mènent à de meilleurs résultats et qu’ils soient également avantageux pour tous les Canadiens.
L’analyse comparative fondée sur le sexe et le genre appuie l’élaboration de principes scientifiques éprouvés et de données fiables qui traitent des différences en matière de santé liées au sexe et au genre entre les hommes et les femmes, les garçons et les filles. De plus, l’ACSG est conforme aux engagements pris par le gouvernement fédéral relativement à l’égalité et aux droits de la personne –
Article 15 de la Charte – ainsi qu’avec la Mission de Santé Canada,
l’approche axée sur la santé de la population et le paradigme des
déterminants de la santé, qui inclut le genre.
Le fait d’être un homme ou une femme influe sur les risques pour la santé, l’utilisation des services de santé, l’interaction avec le système de soins de santé et les résultats globaux en matière de santé.
Les différences anatomiques et physiologiques entre les hommes et les femmes peuvent influer sur la façon dont les médicaments ou d’autres produits chimiques agissent sur le corps. Par exemple, le même médicament peut provoquer des réactions et des effets secondaires différents chez l’homme et chez la femme, même dans le cas de médicaments courants comme les antihistaminiques et les antibiotiques. Dans le même ordre d’idées, les femmes qui fument sont 20 % plus susceptibles d’être touchées par le cancer du poumon que les hommes qui fument le même nombre de cigarettes.
Les exemples suivants illustrent de quelle façon le sexe (différences biologiques) et le genre (rapports et rôles attribués par la société) influent sur notre santé et indiquent de quelle façon ces renseignements peuvent nous conduire à nous poser de nouvelles questions et à entreprendre de nouvelles recherches. Certains de ces exemples montrent également comment l'ACSG, conjuguée à une analyse de la diversité, permet d'obtenir d'importantes données sur la santé de groupes particuliers d'hommes et de femmes.
En raison de la différence de sexe, les maladies cardiovasculaires (MCV) tendent à se manifester dix ans plus tard chez les femmes, les niveaux plus élevés d’oestrogènes avant la ménopause assurant aux femmes un effet protecteur. Toutefois, les facteurs de risque liés aux maladies cardiovasculaires, comme le tabagisme, la dépression, un faible revenu, un taux de lipides sériques élevé, l'hypertension, l'obésité et la sédentarité, peuvent également varier entre les hommes et les femmes.
Le taux de diabète chez les femmes autochtones est cinq fois plus élevé que pour l'ensemble des autres femmes au Canada. Chez les hommes autochtones, ce taux est trois fois plus élevé.
En raison de divers facteurs sociaux, les mères seules s'exposent à davantage de risques pour la santé que les mères ayant un conjoint. Par exemple, une grande majorité de ces femmes ont un revenu peu élevé (27 % par rapport à 7 % pour les mères ayant un conjoint) et elles sont plus sujettes à l'insécurité alimentaire (33 % par rapport à 13 % des mères ayant un conjoint et 18 % des pères célibataires).
Principales sources : divers rapports de Statistique Canada; Exploration des concepts liés à la santé et au sexe social (Santé Canada, 2003); Rapport sur la situation de la santé des femmes : Une vue multidirectionnelle sur la santé des femmes canadiennes (
Initiative sur la santé de la population canadienne et Santé Canada, 2003).