Dans le passé, les systèmes de surveillance fournissaient des données utiles sur la prévalence d'une maladie ou d'un trouble médical. Quoique utile, ce genre de système ne peut aider à expliquer pourquoi les taux sont plus élevés, ni à trouver des solutions possibles.
Le Système national de surveillance accrue du cancer (SNSAC) de Santé Canada est unique en ce qu'il fournit, en plus des renseignements susmentionnés, de l'information sur les facteurs géographiques et comportementaux qui pourraient ou non avoir une incidence sur la prévalence de la maladie.
Administré par le Dr Yang Mao, le SNSAC a été conçu à partir des renseignements recueillis sur un échantillon pancanadien de 20 755 patients dont le cancer venait d'être diagnostiqué et un échantillon témoin de 5 039 personnes prises dans la population. Chaque individu a rempli un questionnaire détaillé sur les facteurs de risque. Parallèlement, la base de données sur la qualité de l'environnement a été élaborée, ce qui facilite l'analyse des liens entre le cancer et la qualité de l'air et de l'eau au Canada.
Ce système de surveillance accrue aide le Ministère à étudier l'impact des facteurs environnementaux sur la prévalence du cancer au Canada et les facteurs de risque liés aux comportements.
L'élément géographique du SNSAC joue un rôle très important lorsqu'il s'agit de déterminer les facteurs de risque possibles de cancer et le potentiel de réduction des risques pour la santé connexes. Par exemple, l'équipe du Dr Mao a mené une étude sur le lien entre la distance entre les résidences et les installations industrielles et les lymphomes non hodgkiniens.
Des analyses sont également en cours afin d'examiner le lien entre les sous-produits de la chloration de l'eau potable et le cancer de la vessie. Le système de surveillance permet l'étude détaillée de plus d'une dizaine d'autres cancers et de sous-produits de chloration, dont certains n'ont encore jamais été examinés dans le monde.
Par exemple, les données sur les facteurs de risque qui ont été recueillies à l'aide du SNSAC ont permis à Santé Canada d'examiner le lien entre l'activité physique et le risque de cancer du poumon au Canada
Les questionnaires du Système comprenaient des questions sur l'activité physique récréative au cours des deux années précédentes. L'analyse de ces données laisse entendre que l'activité physique récréative contribue à diminuer le risque de cancer du poumon pour les deux sexes. On a également constaté que l'activité physique récréative réduit considérablement le risque de cancer du poumon chez les fumeurs et chez ceux qui ont un indice de masse corporelle faible ou moyen.
Le SNSAC a également renforcé les nouvelles données selon lesquelles il y aurait un lien entre la fumée secondaire du tabac et le cancer du sein. Une étude menée par des scientifiques de Santé Canada montre que le tabagisme passif fait plus que doubler le risque de cancer du sein chez les femmes préménopausées. Pour les femmes ménopausées, les risques sont moins grands, mais demeurent tout de même élevés. Les chercheurs ont observé un lien entre la dose de tabagisme passif et le risque de cancer chez toutes les femmes qui ont participé à l'étude.