4 et 5 mai 2011
Le Conseil consultatif des sciences (CCS) s'est réuni les 4 et 5 mai 2011 à Ottawa (Ontario). Renaldo Battista a présidé la réunion à laquelle ont participé 13 membres du Conseil.
Le point sur le Bureau des initiatives pédiatriques de la Direction générale des produits de santé et des aliments (DGPSA) : David Clapin, Direction générale des produits de santé et des aliments (DGPSA), Santé Canada - le Conseil consultatif des sciences entérine la commandite de Santé Canada concernant le projet d'évaluation « Prendre garde aux lacunes » présenté au Conseil des académies canadiennes. Le CCS veut avoir, pour la prochaine réunion, une mise à jour sur la participation du ministère à la National Children Cohort Study des États Unis. L'Agence de la santé publique du Canada présentera à l'avenir au CCS la question de l'ensemble des troubles causés par l'alcoolisation fœtale (ETCAF) et les travaux effectués à ce sujet.
Besoins scientifiques stratégiques de Santé Canada : Pierre Charest, Direction générale de la politique stratégique, Santé Canada; Plan stratégique pour la science et la recherche de l'Agence de la santé publique du Canada : Frank Plummer, Agence de la santé publique du Canada - Le CSS croit que les travaux réalisés sont conformes aux mandats énoncés. Toutefois, il juge qu'il n'y a pas de données scientifiques entourant la viabilité du Système de soins de santé. Il est suggéré qu'une « priorité essentielle » de Santé Canada soit utilisée dans une étude de cas pour voir quels genres de compétences et de ressources internes et externes sont nécessaires. Étant donné l'état actuel des finances publiques, il importe que Santé Canada, l'Agence de la santé publique du Canada et les Instituts de recherche en santé du Canada améliorent leur mode de collaboration pour pouvoir accéder aux nouvelles données scientifiques à des fins de prise de décisions. Le CCS serait mieux placé pour aider à trouver des liens avec les mécanismes et réseaux de communication et heureux de le faire.
Mesure du rendement du Conseil consultatif des sciences : Laird Roe, Direction générale de la politique stratégique, Santé Canada - Les membres du Conseil étudieront le dossier et enverront au Secrétariat du CCS des commentaires sur les domaines à mesurer ainsi que sur les indicateurs. Le Secrétariat du Conseil consultatif des sciences étudiera la façon dont est mesuré le rendement des autres conseils, par exemple l'Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé. Il y aura un suivi de la question avant la tenue de la prochaine réunion en novembre.
Division de la prospective en science et technologie (S et T) : Leah Soroka, Direction générale de la politique stratégique, Santé Canada - Le ministère doit examiner la façon dont d'autres administrations compétentes, comme la Finlande et les États Unis (p. ex., Phil Sharp au Massachusetts Institute for Technology), abordent la question de la prospective. Il est reconnu que les activités de prospective sont nécessaires pour fusionner les dynamiques des systèmes et élargir les perspectives afin de mieux intégrer la technologie avec les autres tendances et facteurs (p. ex., santé de la population).
Le CCS aimerait que soit présenté à la prochaine réunion un plan d'action pour l'Initiative prévisionnelle.
Résistance antimicrobienne : Rainer Engelhardt, Agence de la santé publique du Canada - Santé Canada et l'Agence de la santé publique du Canada doivent examiner la cohésion des lois et des règlements qui traitent de la multitude de produits différents qui renforcent la résistance antimicrobienne. Une campagne de sensibilisation plus dynamique informerait les consommateurs des risques et leur dirait les précautions à prendre pour éviter d'aggraver ce problème de santé mondiale. Le CCS formulera des commentaires sur le plan d'action qui sera publié à la mi été.
Activités du Réseau sur l'innocuité et l'efficacité des médicaments (RIEM) : Robert Peterson, les Instituts de recherche en santé du Canada - Cet exposé a été présenté comme élément d'information. Il y a eu des discussions très fructueuses et le Conseil assurera le suivi dès que l'évaluation du rendement du Réseau sur l'innocuité et l'efficacité des médicaments sera terminée.
Gestion des technologies de la santé : Patrick Morin, Direction générale de la politique stratégique, Santé Canada - Bien que le Conseil s'intéresse au sujet, il croit qu'il lui faut de plus amples renseignements généraux et un contexte plus large avant de pouvoir donner des conseils vraiment utiles. Les membres aimeraient que ce sujet soit présenté de nouveau au Conseil au cours d'une réunion à laquelle participerait Brian O'Rourke, président et directeur exécutif de l'Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé (ACMTS).
Le CCS a participé très activement aux discussions touchant les questions entourant le processus de renouvellement de la réglementation du ministère, qui porte sur bon nombre de sujets présentés à la réunion. Il est suggéré que la compétence du Conseil soit utilisée pour faciliter ce travail. Le Secrétariat du CCS rédigera une note à l'intention du sous ministre à cette fin. Au sujet de l'effectif, le sous-ministre aimerait qu'un représentant de la Food and Drug Administration des États Unis remplisse l'un des trois postes vacants; on donnera suite à cette demande avec l'aide du CCS.
Points éventuels à l'ordre du jour de la réunion de novembre :
Les mots d'ouverture et de bienvenue sont prononcés par Renaldo Battista qui procède également à la présentation des membres du Conseil, des membres d'office, des invités et du Secrétariat du CCS. Deux nouveaux membres, Marie Élise Parent et Yola Moride, sont accueillis au Conseil.
Abby Hoffman présente au CCS un résumé de quelques-uns des changements notables survenus à la Direction générale de la politique stratégique depuis la réunion de novembre 2010 du Conseil consultatif des sciences. Le départ de Karen Dodds pour un nouveau poste à Environnement Canada suscite des préoccupations quant à l'absence d'un « champion des sciences » pour le ministère (Pierre Charest, directeur général, Direction des politiques scientifiques, occupe un poste intérimaire en tant que champion des sciences auprès du ministère).
Le CCS a travaillé activement à la création du Bureau de l'expert scientifique en chef (BESC) (désormais Direction des politiques scientifiques) et pense qu'il importe au plus haut point que la sous ministre adjointe de la Direction générale de la politique stratégique ait de solides connaissances scientifiques. Abby fait remarquer que la Direction générale de la politique stratégique réunit les domaines des sciences sociales et des sciences de la santé afin d'orienter la prise de décisions. Le CCS a pour rôle d'étudier les enjeux en termes de répercussions sur les politiques et objectifs scientifiques afin de trouver un lien entre les deux.
La Direction des politiques scientifiques procède actuellement à l'examen de ses activités afin de s'assurer qu'elles sont rentables pour le ministère. L'an dernier, plusieurs sous ministres adjoints (SMA) ont été nommés. Quelques uns sont tout nouveaux au ministère et d'autres viennent de l'intérieur de Santé Canada. Il est essentiel que tous les SMA travaillent pleinement avec le CCS et comprennent l'importance et les avantages de faire connaître leurs préoccupations afin d'obtenir des conseils.
La sous-ministre croit que l'opinion du CCS a des répercussions sur certains dossiers tels que la toxicité chez l'humain, le Plan de gestion des produits chimiques et les Priorités scientifiques du ministère. Parmi ses principales préoccupations, citons : l'accès de Santé Canada aux données scientifiques essentielles dont il a besoin pour maintenir son rôle d'agent de réglementation dans la conjoncture économique et financière actuelle, le traitement des problèmes de santé de l'heure, le contrôle du volume croissant de travail tout en protégeant les Canadiens contre les risques pour la santé.
Elle affirme que même s'il s'agit là de défis auxquels nous devons faire face, ces éléments peuvent également être considérés comme des occasions de forger des partenariats avec d'autres groupes et organisations afin de fournir aux Canadiens les meilleurs conseils disponibles axés sur des données scientifiques.
La sous-ministre a également abordé les points suivants :
L'Agence de la santé publique du Canada a été créée il y a sept ans à la suite des défis que devait relever le gouvernement fédéral dans son rôle de dépister et de régler les problèmes de santé publique, notamment les maladies chroniques et infectieuses. Actuellement, on procède à un examen afin de voir si l'Agence se concentre ou non sur les bonnes activités. L'Agence de la Santé publique du Canada élabore un plan stratégique avec des priorités politiques axées sur une stratégie de lutte contre la tuberculose, l'initiative « Un monde, une santé », la résistance antimicrobienne et l'obésité. Elle travaille également sur le dossier du « traitement libérateur » pour les personnes atteintes de la sclérose en plaques avec les Instituts de recherche en santé du Canada et Santé Canada.
L'Agence de la santé publique du Canada travaille essentiellement sur les points suivants :
On interroge le Conseil sur les données scientifiques nécessaires pour appuyer l'usage approprié des médicaments chez les enfants. Ceux-ci sont souvent traités à l'aide de produits de santé mis au point uniquement pour les adultes et mis à l'essai auprès de ces derniers. Il s'ensuit que bon nombre des produits peuvent ne pas fournir suffisamment de données sur l'étiquette pour éclairer l'usage approprié dans ce groupe démographique. On présente certaines questions clés de salubrité alimentaire et de nutrition touchant la population pédiatrique. On a également recueilli des commentaires sur un projet de Santé Canada appelé Prendre garde aux lacunes (une évaluation de l'état des connaissances scientifiques sur les médicaments pour enfants) présentée au Conseil des Académies canadiennes.
On discute de la participation de Santé Canada à la American National Longitudinal Survey of Youth-Child (NLSY) Cohort (1988 - 2006). On déclare que Santé Canada (Direction générale de la santé environnementale et de la sécurité des consommateurs) a fait des commentaires sur quelques uns des premiers aspects de la conception de l'étude, à savoir l'Étude mère-enfant sur les composés chimiques de l'environnement, mais que depuis le ministère n'a pas été actif dans ce dossier.
On discute du recours à des éléments de preuve recueillis à l'étranger en matière de réglementation comme une façon d'atténuer l'insuffisance de données. Pour l'ensemble des produits pharmaceutiques, il y a une prépondérance d'éléments de preuve recueillis à l'étranger en appui de la réglementation. On procède à quelques essais tardifs de Phase 3, mais essentiellement il s'agit d'une entrée précoce sur le marché avant l'enregistrement. L'enregistrement des produits pharmaceutiques et des instruments médicaux est harmonisé et le processus a débuté en 1990 par le truchement de l'International Conference on Harmonisation, à laquelle le Canada participe en tant qu'observateur.
Interrogé sur la nutrition des enfants et la présence de la malbouffe dans les écoles, le docteur Plummer explique qu'il s'agit d'une question complexe et interjuridisctionnelle. L'Agence de la santé publique du Canada a annoncé une stratégie sur la réduction du sodium au Canada et des choix d'aliments santé qui toucheront ce groupe d'âge précis.
Santé Canada a un programme de surveillance active des réactions indésirables aux médicaments qui comporte des limites inhérentes accompagnées de résultats mitigés pour la population pédiatrique. Santé Canada est au courant des problèmes et s'engage à mener une enquête plus approfondie.
On déclare qu'il serait utile que le CCS ait une meilleure idée de ce qui se passe au Portefeuille de la santé concernant les problèmes axés sur l'enfant et comprenne mieux les domaines auxquels ils sont reliés. Cela est particulièrement important lorsqu'on traite d'innocuité alimentaire, de nutrition et de médicaments.
Suivi : Le Secrétariat du Conseil consultatif des sciences mettra le document « Prendre garde aux lacunes » à la disposition du CCS.
L'établissement de priorités scientifiques est un élément clé du Plan scientifique de Santé Canada. La phase d'élaboration de cette initiative est maintenant terminée. Le document final Besoins scientifiques stratégiques de Santé Canada pour 2011 2016 : Document d'orientation présente la vaste gamme des besoins scientifiques du ministère. Des 33 besoins scientifiques stratégiques recensés, il en est ressorti 7 de très haute priorité qui doivent être abordés de façon urgente. Ils portent essentiellement sur les nouvelles technologies et la santé des communautés des Premières nations et des Inuits de même que celle des personnes vulnérables.
Santé Canada a demandé des conseils sur la mise en œuvre de ses besoins de connaissances scientifiques stratégiques de très haute priorité indiqués dans l'initiative Établissement des priorités scientifiques de Santé Canada dans le Plan scientifique.
Le Conseil consultatif des sciences juge que le document détermine de façon appropriée les priorités scientifiques touchant le mandat de réglementation du ministère en se concentrant sur les sciences naturelles et biomédicales. Comme on l'a fait remarquer à la dernière réunion du Conseil consultatif des sciences, le secteur de la science ne figure pas dans la viabilité du système de soins de santé.
La discussion a porté essentiellement sur la question de la définition de l'objet de la science à Santé Canada. À part la prestation des services de santé aux communautés des Premières nations et des Inuits, Santé Canada n'est pas dans le commerce des services de santé. Le fait de ne pas traiter la question de la viabilité des soins de santé laisse une lacune dans le document. Toutefois, ce domaine n'a pas été indiqué comme une priorité, étant donné que très peu de décideurs politiques du ministère le considèrent important.
On se demande également si la recherche communautaire devrait être incluse dans le document et on discute aussi de l'absence de soutien pour les activités scientifiques exploratoires. La discussion a porté sur la façon d'avoir accès aux activités scientifiques nécessaires, de créer des synergies et de partager les responsabilités entre Santé Canada, l'Agence de la santé publique du Canada et Les Instituts de recherche en santé du Canada.
Le Conseil juge que ces exercices sont conformes avec la philosophie décrite dans l'allocution prononcée par le sous ministre au cours de cette réunion.
Le Plan stratégique pour la science et la recherche de l'Agence de la santé publique du Canada est un document interne élaboré pour apporter cohésion et clarté aux orientations scientifiques et exploratoires futures de l'Agence de la santé publique du Canada au cours des cinq prochaines années. Étant donné que la science et la recherche sont au cœur des activités de l'Agence de la santé publique du Canada et touchent le travail de tous les employés de l'Agence, des consultations internes seront menées pour aider à l'élaboration du Plan. Leurs opinions sur les forces de la science et de la recherche, les défis et les priorités de l'organisation sont fondamentales pour l'élaboration du Plan.
Après la réalisation du Plan stratégique pour la science et la recherche en été 2011, un plan de mise en œuvre sera élaboré. Le CCS aura l'occasion de discuter des éléments de cette étape à une prochaine réunion.
D'une façon générale, on croit que les exercices de planification stratégique à Santé Canada et à l'Agence de la santé publique du Canada sont des étapes différentes. Étant donné que Santé Canada a terminé son exercice de détermination des besoins scientifiques stratégiques, l'Agence de la santé publique du Canada devrait créer un mécanisme pour décider quelles activités scientifiques doivent être menées pour remplir son mandat.
Pour Santé Canada, maintenant que les priorités ont été déterminées, il reste à savoir « Comment déterminer quelle activité scientifique est pratiquée à l'interne? » et « À quoi devrait on avoir accès à l'externe? ». Il est reconnu que Santé Canada s'acquitte très bien de certaines activités scientifiques, par exemple les fonctions de réglementation, l'intervention rapide aux problèmes de santé tels que les préoccupations radiologiques découlant du tremblement de terre et des dommages aux centrales nucléaires du Japon, et le défi consistera à avoir accès aux connaissances scientifiques qui ne sont pas disponibles à l'interne.
À la dernière réunion tenue en novembre 2010, on a discuté de la façon de mesurer l'importance des conseils fournis par le CCS à Santé Canada et à l'Agence de la santé publique du Canada ainsi que des indicateurs qui devraient être utilisés. Il est important d'examiner comment le ministère utilise le CCS et ses conseils et de voir également les enjeux qui ne lui sont pas présentés. Ainsi, le CCS aura une meilleure idée de la façon dont ses conseils cadrent avec le processus décisionnel du ministère et de l'ASPC, ce qui améliorera l'efficacité, l'efficience et la satisfaction du Conseil.
Le Conseil consultatif des sciences s'efforce grandement de trouver des moyens appropriés de mesurer l'incidence de ses conseils au ministère et à l'Agence de la santé publique. La discussion a porté sur les façons d'améliorer le format des réunions afin de permettre de mieux comprendre le contexte des sujets présentés.
On a posé la question à savoir « Comment le CCS voit son influence sur l'orientation du gouvernement ?». Le CCS aimerait voir comment ses conseils influent sur la viabilité des politiques et des systèmes de santé, et pas seulement sur la gestion de la science à Santé Canada et à l'Agence de la santé publique du Canada. Le Conseil aimerait donner des avis sur des activités scientifiques de haut niveau relativement à la santé des Canadiens.
Pour la prochaine réunion, il est convenu qu'un membre du Conseil sera désigné pour chaque point à l'ordre du jour d'une réunion à venir et sera ainsi l'intervenant principal chargé de donner une opinion plus approfondie. Le CCS aimerait davantage avoir son mot à dire sur les questions qui lui sont présentées.
L'Initiative prévisionnelle de Santé Canada a été conçue pour anticiper les tendances, les défis et les possibilités qui éclairent le processus décisionnel actuel afin d'améliorer la santé des Canadiens. L'exposé sur ce sujet présenté au CCS à la dernière réunion a porté essentiellement sur la façon dont les nouvelles trajectoires de la science et de la technologie pourraient influer sur les issues de la santé. Cet exposé a présenté les résultats de cette enquête. Ont été fournis en même temps le guide de consultation de la planification stratégique et la brochure des analyses de la Division de la prospective en science et technologie (S et T) qui visent à favoriser la planification stratégique à long terme au ministère.
On a demandé au CCS de donner des conseils sur la façon dont ces conclusions pourraient être mieux appliquées au secteur de la santé.
Le Conseil consultatif des sciences est intéressé à savoir quelles tendances prévisionnelles sont importantes pour Santé Canada; la discussion a porté surtout sur l'aspect pratique de l'application de ce concept prévisionnel, compte tenu du fonctionnement de Santé Canada. La discussion a également porté sur la façon d'appliquer ce concept au système de santé et la façon dont ces nouvelles tendances en science et en technologie renouvellent le mode de fonctionnement de Santé Canada.
Pour certains membres, l'approche de Santé Canada en ce qui concerne la prospective est innovante, et ils appuient une telle approche. D'autres ne sont pas du tout d'accord et sont d'avis que cette orientation n'apporte aucune valeur ajoutée et ne procède pas à un examen assez approfondi de la façon dont la science et la technologie influencent le vrai travail qui se fait à Santé Canada. Les activités prévisionnelles doivent réunir les dynamiques des systèmes et élargir des perspectives et mieux intégrer la technologie aux autres tendances et facteurs (c. à d. la santé des populations). Le défi consiste à appliquer ces technologies au système de santé du Canada.
Depuis plus d'une décennie, l'Organisation mondiale de la santé désigne la résistance antimicrobienne comme l'une des plus graves menaces mondiales à la prévention et au traitement des maladies infectieuses. L'élaboration d'une approche concertée pour régler ce problème a été une tâche difficile à cause de la voie complexe par laquelle apparaît et se propage la résistance antimicrobienne, en raison des facteurs humain, animal et environnemental.
En novembre 2010, on a présenté au Conseil le concept « Une santé » de l'Agence de la santé publique du Canada, qui offre une stratégie efficace pour lutter contre les défis actuels que pose la coordination de mesures de lutte contre la résistance antimicrobienne et qui promeut le concept d'antimicrobiens en tant que ressource non renouvelable. Cette stratégie intégrée milite en faveur de l'application générale de stratégies de gérance des antimicrobiens.
On a recherché l'expertise du Conseil pour valider la rigueur scientifique de ces concepts ainsi que pour voir si ces idées plairont à un large éventail de publics. L'Agence de la santé publique du Canada a également demandé des conseils et des recommandations concernant d'autres stratégies éventuelles pour lutter contre la résistance antimicrobienne, par exemple la participation de l'industrie pharmaceutique dans sa prévention.
On a noté que non seulement la résistance antimicrobienne est un sujet de préoccupation aux points de service, mais qu'elle touche également tous les aspects de notre vie quotidienne. Du point de vue législatif, Santé Canada est bien placé pour régler ce problème. L'un des défis à affronter ce problème de santé publique réside dans le fait que les antimicrobiens sont réglementés dans plusieurs directions générales différentes par plus d'une loi. Le public peut être exposé aux antimicrobiens par de nombreuses sources différentes (p. ex., prescriptions, produits désinfectants pour surfaces dures, vêtements et médicaments vétérinaires) ainsi que par les déplacements à travers le monde.
Le Conseil convient que, en raison du faible niveau de culture scientifique au Canada, les crises de santé publique se transforment souvent en « rumeurs dénuées de fondement » menant à la désinformation et parfois à la panique. Il faut un mécanisme qui permette à Santé Canada et à l'Agence de la santé publique du Canada d'informer les journalistes sur les bonnes activités scientifiques et qui transmettront à leur tour les bons messages au public. L'information passive obtenue par les sites Web n'est pas assez efficace. Les Centers for Disease Control des États Unis ont un programme d'internat à l'intention des journalistes, qui les « rattache » à l'agence (CDC) où ils peuvent apprendre à la source comment mieux rapporter les faits. Au Canada, il y a, à l'Université de Toronto, le Programme de bourses Massey où les journalistes peuvent étudier pendant une année afin de s'imprégner des sujets de leur choix.
On a noté que les compagnies pharmaceutiques ne mettent pas au point de nouveaux antibiotiques parce que ceux-ci deviennent inefficaces plus rapidement et ne restent pas assez longtemps sur le marché pour leur permettre de réaliser les profits nécessaires pour couvrir les coûts de leur mise au point.
L'Agence de la santé publique du Canada coordonne l'effort interministériel visant à identifier les actifs, les capacités, les lacunes, les évaluations préliminaires des risques et les populations à risques et, à la fin du présent exercice, demandera des fonds pour cette approche concertée.
Le Réseau sur l'innocuité et l'efficacité des médicaments (RIEM) a été établi pour accroître les données probantes sur l'innocuité et l'efficacité postcommercialisation des médicaments auxquels ont accès les organismes de réglementation, les responsables des politiques, les prestataires de soins de santé et les patients ainsi que la capacité au Canada d'entreprendre une recherche de haute qualité dans ce domaine.
Cet exposé a été très bien accueilli. On a noté que la collaboration naissante entre Santé Canada et Les Instituts de recherche en santé du Canada est un modèle innovant pour renforcer les capacités en santé dans un cadre de réglementation. Les Instituts de recherche en santé du Canada sont en mesure d'avoir des relations plus équitables avec les promoteurs de médicaments vu qu'ils n'ont pas le rôle d'agents de réglementation.
La discussion a fait ressortir de nombreux points de vue différents à prendre en considération. Les organismes de réglementation des médicaments travaillent sur des projets d'homologation progressive; les patients et les contribuables cherchent à limiter les coûts; l'industrie est préoccupée par une entrée structurée. On a noté qu'il existe un défi énorme à gérer ces différentes perspectives.
On a discuté de la disponibilité du financement et des questions entourant l'innocuité des médicaments chez les populations vulnérables (p. ex., les populations pédiatriques, les femmes en âge de procréer, les communautés des Premières nations et des Inuits et les personnes âgées. Le Conseil consultatif des sciences a fait remarquer que ce modèle appuie l'innovation et la recherche par des approches réelles et que le système actuel n'est pas assez réactif. Les seules données actuellement disponibles sont les dossiers de santé publique, les métaanalyses et les études prospectives. Lorsque l'évaluation du rendement du Réseau sur l'innocuité et l'efficacité des médicaments (RIEM) sera terminée, le Secrétariat du CCS la mettra à la disposition des membres pour qu'ils formulent des commentaires.
Pierre Charest présente une brève mise à jour sur le dossier de la sclérose en plaques, la médecine personnalisée et les questions de sécurité du sang
Sclérose en plaques - Les Instituts de recherche en santé du Canada, en collaboration avec Santé Canada et l'Agence de la santé publique du Canada, ont mis au point un plan d'action du Portefeuille de la santé visant à déterminer les secteurs où le gouvernement fédéral doit agir pour répondre aux questions soulevées par les Canadiens atteints de sclérose en plaques, en tenant compte du traitement libérateur du docteur Zamboni. Ce plan d'action porte essentiellement sur les quatre domaines suivants : la recherche factuelle sur la sclérose en plaques, le Système canadien de surveillance de la sclérose en plaques, la sensibilisation des clients et les communications.
Le Groupe d'experts scientifiques a tenu sa première réunion le 23 novembre 2010 et confirmé l'absence de preuve scientifique pour recommander la tenue d'essais cliniques thérapeutiques sur le traitement libérateur à ce stade ci. La prochaine réunion se tiendra le 28 juin 2011 afin de discuter des résultats préliminaires de sept études existantes et d'autres projets de recherche connexes.
Le gouvernement du Canada a annoncé le 23 mars 2011 la création d'un Système canadien de surveillance de la sclérose en plaques.
En 2009, on a établi un lien possible entre l'infection au virus apparenté au virus xénotrope de la leucémie murine (XMRV) et le syndrome de fatigue chronique (SFC).
Selon les données publiées, obtenues de plusieurs laboratoires, la contamination de l'ADN de la souris peut avoir contribué à quelques uns des résultats positifs observés dans les études. Deux groupes de travail internationaux qui étudient cette question ont publié des données préliminaires en mars 2011. Jusqu'ici, aucun cas de transmission du virus apparenté au virus xénotrope de la leucémie murine par voie de transfusion sanguine n'a été signalé à l'échelle internationale. Les banques de sang au Canada ont multiplié leurs efforts pour empêcher les personnes contaminées au virus apparenté au virus xénotrope de la leucémie murine de donner du sang en fournissant de l'information sur le virus aux donneurs éventuels avant qu'ils ne soient acceptés. Les donneurs infectés du virus apparenté au virus xénotrope de la leucémie murine sont exclus indéfiniment.
Santé Canada et l'Agence de la santé publique du Canada participent à des groupes d'étude internationaux et continueront de surveiller les activités scientifiques concernant le virus apparenté au virus xénotrope de la leucémie murine et les liens éventuels avec certains états pathologiques, tels que le syndrome de fatigue chronique.
Des conseils clés reçus du CCS au cours de la réunion de novembre 2010 ont été incorporés dans le document d'orientation, par exemple : intensifier l'accent mis sur la prévention comme élément essentiel de la médecine personnalisée; clarifier la définition de « sous populations »; renforcer les aspects de la santé publique; présenter la nutrigénomique; reconnaître les éléments non génétiques qui affectent la santé; mettre l'accent sur des exemples canadiens et inclure le contexte canadien dans la mesure du possible.
Au sujet des conseils fournis sur la pertinence du terme « médecine personnalisée » pour décrire ce dossier dans un contexte canadien, le Secrétariat du Groupe de travail sur la médecine personnalisée a effectué une analyse terminologique axée sur les documents publics ainsi que sur les discussions faites à plusieurs réunions et conférences nationales et internationales. Tout en reconnaissant que la « médecine personnalisée » pourrait ne pas être le terme le plus précis, le Groupe de travail s'est clairement prononcé en faveur du maintien de ce titre, car il est utilisé par les intervenants au Canada, il est reconnaissable et est en harmonie avec la terminologie internationale courante (p. ex., la terminologie de l'International Conference on Harmonization).
La technologie est une caractéristique déterminante du système de soins de santé moderne, avec de nouveaux diagnostics, instruments et procédures présentés à un rythme sans précédent. Cette évolution technologique permanente présente à la fois des défis et des possibilités pour les systèmes de santé et les dispensateurs de soins de santé. De nouvelles innovations offrent la perspective de diagnostics plus rapides, de meilleures options de traitement et, enfin, l'amélioration de la situation des patients. Bien que cette possibilité ajoute de la valeur au système de soins de santé, la conception d'instruments politiques pertinents pour appuyer les décideurs en soins de santé dans la gestion du cycle de vie technologique (c. à -d. adoption, évaluations de la valeur et décisions de retrait) représente un défi considérable.
On a demandé au Conseil consultatif des sciences de donner des conseils sur :
On a tenu des discussions approfondies sur la nature exacte du travail de Santé Canada en matière de gestion des technologies de la santé. Ces discussions se sont centrées sur les produits qui sont couverts par cette initiative (p. ex., médicaments, instruments médicaux); le niveau de financement des divers organismes tels que Les Instituts de recherche en santé du Canada et l'Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé; les questions de compétence fédérale, provinciale et territoriale et, finalement, l'optimisation des ressources investies.
Mme Hoffman félicite le Conseil consultatif des sciences pour ses conseils précieux et ses questions stimulantes et profondes qui aident Santé Canada et l'Agence de la santé publique du Canada à appréhender les problèmes d'une manière novatrice.
Les membres aimeraient savoir ce que Santé Canada et l'Agence de la santé publique du Canada font dans les domaines suivants :
Prochaine réunion : les 8 et 9 novembre 2011 (coïncide avec le Forum scientifique de Santé Canada qui se tiendra les 7 et 8 novembre 2011).