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Science et recherche

Le capital social et la santé : Bonifier les avantages

Réseaux sociaux et populations vulnérables : Résultats de l'Enquête sociale générale

Solange van Kemenade, Ph.D, Division de la recherche sur les politiques, Direction des politiques stratégiques, Agence de santé publique du Canada; Jean-François Roy, candidat au doctorat, Institut de recherche sur la santé des populations, Université d'Ottawa; et Louise Bouchard, Ph.D, chercheure, Institut de recherche sur la santé des populations, Université d'Ottawa

Poursuivant leur recherche sur le capital social et la santé des Canadiens, l'équipe de chercheurs de l'Agence de santé publique du Canada et de l'Université d'Ottawa présentent les résultats d'une analyse subséquente des données recueillies dans le cadre du cycle 17 de l'Enquête sociale générale (ESG) de 2003. Cette nouvelle étude examine les aspects du capital social qui semblent avoir de l'importance pour la santé de groupes de population choisis de Canadiens--les aînés, les immigrants et les membres de ménages à faible revenu--et tente d'établir si les relations entre le capital social et la santé varient en fonction du sexe.

Les relations entre le capital social et la santé des Canadiens ont été décrites brièvement dans un article précédent. L'équipe de chercheurs a appliqué les connaissances tirées de son analyse des données du cycle 17 de l'ESG sur l'engagement social au Canada à des analyses plus spécifiques des données pour trois sous-populations : les aînés, les immigrants et les membres de ménages à faible revenu. Les sous-populations étudiées sont des groupes vulnérables qui, selon leurs expériences individuelles et collectives, des membres de ces groupes peuvent vivre une « désaffiliation », c'est-à-dire une rupture partielle ou complète du lien social1. Cette désaffiliation se traduit par un épuisement des stocks de capital social où les individus mis à l'écart du lien social ne peuvent plus bénéficier des ressources accessibles par l'appartenance à des réseaux sociaux. Les auteurs ont voulu en savoir plus sur les liens entre la santé et divers aspects du capital social parmi ces sous-populations. Les résultats des analyses contribuent à définir les types de soutien les plus avantageux pour la santé des Canadiens.

Méthodologie

L'échantillon de l'ESG regroupe 24 951 individus de 15 ans et plus répartis dans les dix provinces du Canada. Seuls les répondants de 25 ans et plus ont été inclus dans l'analyse, ce qui donne un échantillon de 21 785 individus, y compris 4 486 aînés (personnes de 65 ans et plus); 4 109 immigrants (personnes nées à l'exté­rieur du Canada, excluant celles dont les parents sont Canadiens); et 3 548 personnes vivant dans un ménage à faible revenu (ménage dont le revenu est inférieur au seuil de faible revenu, ajusté selon la taille du ménage et le milieu urbain ou rural).

Les adultes de moins de 25 ans ont été exclus parce que nous considérons que les réseaux sociaux auxquels ils ont accès sont différents. Les ressources propres à ces réseaux sont exploitées de façon très différente par les jeunes adultes comparativement aux adultes de 25 ans et plus.

Le modèle d'opérationnalisation du capital social pré­senté dans l'article à la page 13 a été utilisé afin de vérifier la présence de relations entre la santé perçue et le capital social des individus au Canada. Pour ce faire, les données de l'ESG ont été analysées à l'aide de modèles de régression logistique pour la population canadienne ainsi que pour les trois sous-populations. Toutes les analyses ont été effectuées en contrôlant l'effet des caractéristiques socio­­démographiques des répondants (sexe, âge, niveau de scolarité, situation professionnelle, état matrimonial, type de ménage). Compte tenu des particularités socio­démographiques des aînés, on a adopté une catégorisation différente de certaines variables comme l'âge, la situation professionnelle et le type de ménage, pour cette sous-population. Les données ont été pondérées en utili­sant la méthode bootstrap recommandée par Statistique Canada (voir Utilisation des données canadiennes sur la santé en page 37).

Ce que révèlent les résultats

Les résultats des analyses statistiques sont présentés au Tableau 1 sous forme de ratios de cotes applicables à chaque indicateur de capital social du modèle. (Voir l'article précédent pour la définition de tous les indicateurs de capital social.) Des ratios de cotes sont fournis pour les hommes et pour les femmes pour l'ensemble de la population et pour chaque sous-population etudiée.

Lecture du tableau des ratios de cotes

Les ratios de cotes représentent le ratio entre la probabi­lité d'une situation--dans ce cas, la bonne santé--chez un groupe, par rapport à sa probabilité chez un autre groupe. Un nombre supérieur à 1 témoigne d'une association positive alors qu'un nombre inférieur à 1 décrit une association négative. Prenons par exemple l'indice de réciprocité pour l'ensemble de la population. Le ratio de cote révèle que les répondants ayant répondu « oui » quand on leur a demandé s'ils jouissaient d'au moins une relation d'aide réciproque parmi leur réseau social avaient 1,317 fois plus tendance à se déclarer en bonne santé que ceux sans relation d'aide réciproque. Une valeur p (valeur de probabilité) inférieure ou égale à 0,05 indique que les résultats sont statistiquement significatifs. Les résultats ayant une valeur p supérieure à 0,05 ne sont pas significatifs sur le plan statistique.

À l'échelle des indicateurs . . .

L'examen du Tableau 1 donne lieu aux observations suivantes :

  • En général, la taille du réseau de liens forts hors du ménage est associée positivement à la santé dans l'ensemble de la population comme dans toutes les sous-populations étudiées. Cela dit, la relation est plus forte chez les femmes dans l'ensemble de la population, chez les immigrants et chez les hommes faisant partie de ménages à faible revenu. L'écart le plus notable se situe dans le groupe des aînés où la relation entre la santé et la taille des réseaux de liens forts n'est significative que chez les femmes.
  • On constate une relation positive entre les réseaux de liens avec des organisations, constitués de deux liens ou plus, et l'état de santé dans l'ensemble de la population ainsi que dans tous les groupes analysés--hormis les membres du groupe à faible revenu où la relation n'est pas significative. Les réseaux de liens avec les organisations obtiennent les associations les plus fortes avec la santé chez les hommes de l'ensemble de la population, ainsi que chez les femmes immigrantes et les hommes aînés.
  • Les résultats indiquent une association positive entre le bénévolat et l'état de santé dans l'ensemble de la population, chez les ménages à faible revenu et chez les hommes immigrants.
  • Il existe également une relation positive entre l'indice de réciprocité et l'état de santé chez les hommes et les femmes de l'ensemble de la population, ainsi que chez les femmes immigrantes.
  • Finalement, une relation négative a été obtenue entre l'indice de soutien social et l'état de santé de l'ensemble de la population ainsi que chez les femmes immigrantes. Dans le même sens, l'indice de soutien instrumental est associé négativement à la santé des hommes aînés. Ces résultats inattendus s'expliquent probablement par un problème lié à la mesure du soutien social dans les données de l'ESG (voir Limites des analyses plus loins dans cet article).

Les résultats tirés des analyses des données de l'ESG consti­tuent une riche source d'informa­tion sur les relations entre le capital social et la santé. Toutefois, dans un contexte de politiques publiques, un suivi s'impose pour expliquer davantage les résultats obtenus ainsi que pour confirmer ces derniers par le biais d'analyses provenant d'autres banques de données.

Tableau 1 : État de santé autoévalué et capital social-Ratios de cotes pour l'ensemble de la population et pour des sous-populations choisies

  Ratios de cotes pour l'ensemble de la population
et pour des sous-populations choisies
Indica-
teurs du
capital social
Ensemble
de la population
Aînés
(65 ans
et plus)
Immigrants Membres de
ménages à
faible revenu
Total Fem-
mes
Hom-
mes
Total Fem-
mes
Hom-
mes
Total Fem-
mes
Hom-
mes
Total Fem-
mes
Hom-
mes
Taille du réseau des liens forts hors du ménage
Petit-
0 à 11
1,000 1,000 1,000 1,000 1,000 1,000 1,000 1,000 1,000 1,000 1,000 1,000
Moyen-
12 à 23
1,469
***
1,596
***
1,326
*
1,443
**
1,590
**
1,225 1,694
***
1,506
*
1,952
**
1,465
**
1,500
**
1,542
*
Grand-
24 à 35
1,795
***
1,875
***
1,730
***
1,663
***
1,880
***
1,335 2,036
***
2,18
2**
1,926
*
1,885
***
1,748
**
2,447
**
Très grand-
36 et plus
1,457
***
1,537
***
1,360
**
1,270 1,730
*
0,920 1,931
***
1,691 2,347
**
1,788
***
1,555
*
2,498
***
Taille du réseau des organisations
0 1,000 1,000 1,000 1,000 1,000 1,000 1,000 1,000 1,000 1,000 1,000 1,000
1 1,085 1,074 1,109

1,272
*

1,175 1,384 1,290 1,193

1,615
*

0,966 0,949 0,971
2 et plus 1,601
***
1,524
***
1,704
***
1,776
***
1,665
**
1,878
**
1,698
**
1,908
*
1,700
*
1,185 1,172 1,095
Réciprocité
Non 1,000 1,000 1,000 1,000 1,000 1,000 1,000 1,000 1,000 1,000 1,000 1,000
Oui

1,317
***

1,356
***

1,236
*

1,190 1,300 1,043 1,277

1,904
**

0,762 1,268 1,350 1,109
Bénévolat
Non 1,000 1,000 1,000 1,000 1,000 1,000 1,000 1,000 1,000 1,000 1,000 1,000
Oui 1,247
**
1,230
*
1,263
*
1,243 1,337 1,151 1,247 0,812 2,361
**
1,524
***
1,546
**
1,640
*
Indice de soutien
social total
0,787
***
0,757
***
0,835
**
0,919 0,852 1,043 0,781
*
0,639
***
1,051 0,873 0,904 0,805
Indice de soutien
instru-
mental
1,105 1,097 1,101 0,783
*
0,864 0,648
*
0,957 1,134 0,721 0,993 0,886 1,233

Note : Pour consulter les tableaux de données décrivant les intervalles de confiance et les variables sociodémographiques, Contactez l'Unité de communication de la recherche sur les politiques.

* p <= 0.050 ** p <= 0.010 *** p <= 0.001

Source : ESG, cycle 17.

Examen plus poussé des populations vulnérables

Les aînés

Des études récentes (voir article en page 21) révèlent que les aînés auraient besoin de trois types de réseaux : les réseaux sociaux, les réseaux de soutien et les réseaux de soins2. En fait, la composition de ces réseaux évolue en même temps que la condition physique des personnes âgées. Si au début, ces réseaux sont larges et diversifiés2, les réseaux de soins de petite taille semblent devenir de plus en plus importants au fur et à mesure que les aînés souffrent de limites fonctionnelles.

L'analyse des données de l'ESG confirme la présence de relations importantes entre le capital social et la santé des aînés. Les résultats indiquent que la taille des réseaux de liens forts est associée positivement à la santé des aînés, mais uniquement chez les femmes. Les femmes aînées qui disposent d'un réseau de liens forts de moyenne ou de grande taille sont plus susceptibles de se déclarer en bonne santé que celles dont la taille du réseau n'est pas aussi importante. En même temps, de tous les groupes analysés, les aînés affichent la relation la plus faible entre la santé et les réseaux de liens forts de très grande taille. Ce résultat appuie la thèse qui attribue plus d'importance aux petits réseaux de proximité pour les aînés ayant besoin de soins.

En ce qui a trait aux réseaux d'organisations, les résultats indiquent une relation positive entre la taille de ces réseaux et l'état de santé des aînés; une relation plus forte que celles observées dans les autres sous-populations ainsi que dans l'ensemble de la population. Autrement dit, les aînés qui sont impliqués dans une ou plusieurs orga­nisa­tions sont plus susceptibles de se déclarer en bonne santé que ceux qui ne le sont pas.

Le seul groupe pour qui l'indice de soutien instrumental est associé à la santé, est celui des aînés, et cette association est négative. Dans les faits, les aînés qui ont reçu de l'aide afin d'accomplir ou de faciliter des activités quoti­diennes sont davantage susceptibles de se déclarer en mauvaise santé que ceux qui n'ont pas eu recours à un tel support. Cette situation s'explique probablement par le fait que dans les données de l'ESG, le soutien instrumental reçu devient un indicateur de limitation des activités chez les aînés. Des analyses secondaires confirment cette hypothèse. En excluant des analyses les aînés qui rapportent un état de limitation d'activités, l'indice de soutien instrumental obtient une relation négligeable avec l'état de santé perçue.

Les personnes immigrantes

Les recherches confirment l'importance du capital social pour l'inté­gration des personnes immigrantes 3,4,5,6. La disponibilité des réseaux de proximité, formés de personnes de la même origine culturelle, ainsi que de program­mes favorisant ces réseaux, est associée à l'intégration sociale et économique des immigrants au pays d'accueil ainsi qu'à leur bien-être. Les réseaux de proches (parents et amis) offrent aux immigrants qui s'établissent au Canada un soutien très important, que ce soit pour se trouver un logement, obtenir une formation, s'éduquer, trouver un emploi ou accéder à des services d'aide6. De fait, les résultats de l'Enquête longitudinale auprès des immigrants du Canada (ELIC) font ressortir diverses sources d'aide jugées les plus importantes pour les personnes immigrantes, soit les parents ou les membres de la famille (déjà établis au Canada), les amis, les orga­nismes qui oeuvrent auprès des personnes immigrantes, les établissements d'enseignement et les travailleurs de la santé.

Les résultats de l'analyse de l'ESG renforcent les conclusions de l'ELIC à l'effet que le capital social joue un rôle important dans la santé des immigrants au Canada :

  • On note une association positive entre la taille des réseaux de liens forts et la perception de l'état de bonne santé perçu des immigrants. De fait, cette association est plus grande chez les immigrants que chez tous les autres groupes étudiés, y compris pour l'ensemble de la population.
  • Les résultats révèlent aussi une association positive entre le nombre de liens avec les organisations et l'état de santé perçue des répondants immigrants. Les immigrants qui entretiennent plusieurs liens avec des organismes ont plus tendance à se déclarer en bonne santé que les autres immigrants. Cette tendance converge avec l'analyse de l'ensemble de la population canadienne.
  • Les femmes immigrantes sont le seul groupe, hormis la population générale, dont les résultats des analyses indiquent une relation significative entre la réci­procité dans les réseaux sociaux et la santé perçue. Les immigrantes qui ont affirmé avoir au moins une relation d'aide réciproque parmi leurs réseaux sociaux sont plus susceptibles de se déclarer en bonne santé que leurs consoeurs qui ne disposent pas de relation d'aide réciproque.
  • La participation bénévole et la santé perçue sont fortement associées chez les hommes immigrants. Les hommes immigrants qui ont été engagés dans une activité bénévole pendant l'année précédant l'enquête sont plus que deux fois plus susceptibles de se déclarer en bonne santé que leurs confrères qui n'ont pas eu d'implication bénévole.
  • La situation est différente lorsqu'on examine l'indice de soutien social et l'état de santé perçue. Les répondants immigrants qui disent avoir eu recours à au moins une forme de soutien social au cours de l'année précédant l'enquête ont plus tendance à se déclarer en mauvaise santé. Ce résultat s'explique probablement par une limite quant à la mesure du soutien social à partir des données de l'ESG dont nous discuterons plus en détail en conclusion. Cette association négative vaut également pour l'ensemble de la population canadienne.

Les membres de ménages à faible revenu

Certains chercheurs posent l'hypothèse que la pauvreté et l'accroissement des inégalités sociales engendrent un niveau constant de stress qui, en retour, affecte négativement la santé physique et psychique des personnes7,8. Des études récentes indiquent que lorsque les solutions ainsi que la capacité d'adaptation face au stress sont limitées, on constate un accroissement de la vulnérabilité à toute une gamme de maladies qui touchent les systèmes immunitaire et hormonal8. Dans ce contexte, comme dans bien d'autres circonstances difficiles de la vie, les réseaux agiraient comme des modérateurs qui atténuent les condit­ions de vie adverses, aidant les personnes à demeurer en santé ou à augmenter leur résilience9.

Les résultats de l'analyse de l'ESG soulèvent les principaux points suivants :

  • Dans le cas des personnes vivant dans un ménage à faible revenu, on note une association positive entre l'état de santé perçue et la taille des réseaux de liens forts. Les répondants qui disposent d'un réseau de taille moyenne ou supérieure tendent plus à se dire en bonne santé que ceux qui disposent d'un petit réseau. Cette association est plus forte chez les hommes que chez les femmes de ce groupe.
  • Contrairement à la tendance générale, la santé perçue des individus vivant dans un ménage à faible revenu n'est pas reliée aux réseaux de liens avec des organisations.
  • Pour ce qui est de l'engagement bénévole, la relation positive entre le bénévolat et l'état de santé perçue est beaucoup plus forte dans le cas des personnes vivant dans des ménages à faible revenu que dans l'ensemble de la population ou les autres groupes étudiés. En fait, seuls les hommes immigrants obtiennent une association plus forte entre la participation bénévole et la santé.

Limites des analyses

Bien que les résultats obtenus à partir des données de l'ESG ne permettent pas d'établir des liens de causalité, l'étude actuelle démontre que les indicateurs de capital social les plus proches d'une approche réseau (les réseaux de liens forts et les réseaux de liens avec les organisations) sont associés de manière significative à l'état de santé perçue des Canadiens. En outre, les données disponibles dans l'ESG présentent d'importants défis.

Le premier tient à un problème auquel les chercheurs font régulièrement face lorsqu'ils analysent les données secondaires, soit la difficulté d'opérationnaliser un modèle guidé par un cadre théorique différent de celui qui a orienté le développement de la base de données utilisée, tout en ayant accès à un nombre suffisant de données et d'indicateurs pour procéder à une analyse signifiante. Confrontés à une telle difficulté, les chercheurs peuvent voir le nombre de données utilisables réduit dans leurs analyses10. Dans le cas présent, l'alignement du cadre théorique du capital social avec les indicateurs de l'ESG a restreint le choix des indicateurs de capital social dispo­nibles aux fins d'analyse. Mais quoique les analyses aient dégagé des résultats intéressants et dignes d'attention, les données disponibles dans l'ESG demeurent insuffisantes pour effectuer une véritable analyse du capital social à partir d'une approche axée sur les réseaux.

À titre d'exemple, l'ESG, cycle 17 n'emploie pas les outils de mesure du soutien social habituellement utilisés dans les grandes bases de données comme celle de l'Enquête nationale sur la santé des populations (ENSP), qui comporte un outil mesurant les perceptions des répondants quant à la disponibilité du soutien social. De fait, l'ESG évalue plutôt le soutien social à l'aide de six variables identifiant les répondants qui ont eu recours à une forme de soutien social quelconque au cours de l'année précédant l'enquête. En mesurant l'utilisation du soutien social plutôt que la perception de sa disponibilité, l'indice de soutien social dérivé des données de l'ESG devient un indicateur de mauvaise santé. L'intégration d'instruments de mesure du capital social plus perfectionnés dans les grandes bases de données, tel que le Resource Generator11, consti­tuerait un atout pour enrichir les politiques publiques.

Une seconde limite des résultats tient à l'indicateur de santé perçue qui, bien qu'étant un prédicteur fiable de la mortalité12,13,14, n'est pas aussi objectif qu'une variable de santé composite comme l'indice de l'état de santé (IES).

Prochaines étapes... interprétation des résultats

Les résultats de ces analyses donnent un premier aperçu empirique pancanadien des relations entre le capital social--tel qu'opérationnalisé dans notre modèle--et la santé des femmes et des hommes faisant partie de trois groupes de population vulnérables.

Même si ces analyses soulèvent déjà de nombreuses réflexions, il faut poursuivre les recherches pour mieux comprendre le sens des résultats. Pourquoi, par exemple, les hommes âgés constituent-ils le seul groupe d'hommes où l'on n'observe aucune relation significative entre les réseaux de liens forts et la santé perçue? Pourquoi les réseaux de liens avec les organisations ont-ils plus d'importance eu égard à l'état de santé dans le cas des aînés et des immigrants? Quel est le sens de la relation entre la participation bénévole et la bonne santé?

Les prochains articles examinent plus à fond le rôle du capital social en fonction de divers groupes de population vulnérables et expliquent en quoi la recherche sur le capital social peut favoriser et enrichir l'élaboration des politiques et programmes.

Pour joindre les chercheurs, écrire à <bulletininfo@hc-sc.gc.ca>.